Black, blanc, beur… : La guerre civile aura-t-elle vraiment lieu ? PDF

Il black, blanc, beur… : La guerre civile aura-t-elle vraiment lieu ? PDF ensuite été popularisé par Nacer Kettane co-fondateur et animateur en 1981 de la radio associative Radio Beur, puis, en 1982, dans un article de Mustapha Harzoun et Edouard Waintrop publié dans le quotidien Libération sous le titre Un petit Beur et des youyous. En 1984, Jean Djemad et la chorégraphe Christine Coudun fondent une des premières compagnies de danse hip-hop qu’ils nomment Black Blanc Beur. Par ailleurs, il crée une distinction entre Français selon le lieu de naissance de leurs parents. Dans le langage administratif, on utilise le plus souvent l’expression plus neutre Français issu de l’immigration.


L’égalité républicaine : leurre ou réalité ?
Malgré l’existence d’une Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), et les promesses de la classe politique, les résistances restent vives : certains n’admettent pas que la France, en se métissant, a changé.

Pascale Tournier et Stéphanie Marteau ont enquêté sur cette ségrégation qui ne dit pas son nom. Des origines de la commission Stasi à l’ascension fulgurante de l’association «Ni putes ni soumises», les deux journalistes montrent comment manoeuvres d’appareil et conformisme se conjuguent pour maintenir des situations acquises, que ce soit dans les partis politiques, les médias, ou même les syndicats dont le conservatisme en la matière stupéfie.

Une petite révolution est pourtant à l’oeuvre. Insensiblement, elle gagne les grandes entreprises, notamment sous l’impulsion de patrons charismatiques tels Claude Bébéar ou Yazid Sabeg. Mais il faudra encore beaucoup de protestations, de polémiques, mais aussi de lobbying pour que l’ascenseur social passe d’un étage à l’autre.

Stéphanie Marteau collabore au Point et au Figaro Magazine.
Pascale Tournier est grand reporter à VSD.

Selon certains auteurs, les Beurs auraient créé un ensemble de comportements, de modes de vie, des modes vestimentaires, une littérature, un cinéma avec ses films culte, de la musique, un humour etc. En littérature, selon Laura Reek,  La lutte pour la reconnaissance n’est pas finie, et des écrivains tels que Karim Amellal, Azouz Begag, Rachid Djaïdani, Faïza Guène ou Ahmed Kalouaz y sont encore engagés, chacun à sa façon. Car la diversité habite la diversité. Selon le chercheur Nicolas Bancel, l’imagerie ethnographie des femmes indigènes photographiées nues, et souvent de manière grivoise, imprègne durablement l’imaginaire colonial. Plusieurs personnalités françaises sont présentées par les médias comme représentatives de la culture beur.