C’était leur France: En Algérie, avant l’Indépendance PDF

D’un point de vue juridique, c’était leur France: En Algérie, avant l’Indépendance PDF’Immigration algérienne en France, désigne l’installation en France d’étrangers en provenance de la République algérienne démocratique et populaire, les Algériens. Il existe en Algérie française une distinction essentielle entre la citoyenneté française et la nationalité française.


C’était leur France
En Algérie, avant l’Indépendance

Textes inédits recueillis par Leïla Sebbar

Madame la France, França, l’Enfrance, l’Affrance…
Vingt-cinq écrivains, autant de témoins, racontent leur France en Algérie, avant 1962. Le pays natal, le pays de l’enfance. Musulman, juif, chrétien, laïque, tous sont passés par l’école où s’est incarnée la France, familière ou lointaine, éblouissante ou rejetée. Une Algérie plurielle mais divisée.
Un regard d’enfance, curieux, intense, parfois intransigeant. Il dessine une géographie subjective et subtile de la France en Algérie et de l’Algérie elle-même. Une histoire commune, souvent conflictuelle, d’où émerge une république bienveillante et lumineuse, injuste et meurtrière.
Est-ce cette tension qui a favorisé une création littéraire singulière, d’une rive à l’autre ?

Textes de :

Nora Aceval, Christiane Chaulet Achour, Gil Ben Aych, Albert Bensoussan, Maïssa Bey, Alice Cherki, Aziz Chouaki, Hélène Cixous, Jean Daniel, Nabile Farès, Louis Gardel, Jean-Jacques Gonzales, Jean-Jacques Jordi, Mohamed Kacimi, Anne-Marie Langlois, Arezki Metref, Nourredine Saadi, Boualem Sansal, Leïla Sebbar, Morgan Sportès, Benjamin Stora, Habib Tengour, Behja Traversac, Alain Vircondelet, Bernard Zimmermann

Extrait du catalogue : Kouakou Gbahi Kouakou, Le peuple n’aime pas le peuple. La Côte d’Ivoire dans la guerre civile, préface de Stephen Smith.

Celle-ci est, en effet, déterminée par l’abandon du statut personnel musulman avec la soumission aux lois françaises et non plus aux lois islamiques. Toutefois, il subsiste en Algérie française une différence fondamentale entre le statut  musulman  et le statut  européen . En métropole, en revanche, il n’existe pas de différence entre les deux statuts et les Algériens bénéficient des mêmes droits que les métropolitains sans avoir à renoncer à leur statut personnel. La première phase de migration algérienne en France débute en 1905, la main d’œuvre kabyle travaille dans les raffineries et huileries de Marseille ou comme dockers ou chauffeurs sur des navires. Dans le nord de la France c’est environ 1 500 kabyles qui travaillent dans les mines, pour un salaire normal et bénéficiant de l’application des lois sociales de l’époque pour les mineurs. En région parisienne, ils travaillent dans le bâtiment et les travaux publics, les industries chimiques, les raffineries de sucre Say, la compagnie des omnibus, les chemins de fer et le métro. Le mouvement migratoire s’accélère dès 1913 grâce à la suppression du permis de voyage qui était alors requis pour les Algériens et l’on compte, en 1914, environ 13 000 Algériens en France.

Article détaillé : Colonies dans la Première Guerre mondiale. Ils seront alors près de 80 000 travailleurs et 175 000 soldats à venir d’Algérie. Ceux qui ne sont pas sur le front sont employés dans les secteurs vitaux à l’effort de guerre, production d’armement, génie, aéronautique, transports, mines, etc. La participation des travailleurs coloniaux à l’effort de guerre, est reconnue et ils jouissent de la sympathie des français. France avec un certain faste et l’on assiste à de nombreux mariages mixtes. Après guerre, la France rapatrie 250 000 travailleurs et soldats des colonies.

Dès 1920, l’immigration reprend, la France, victorieuse mais ruinée par la guerre, est en partie détruite. Elle fait à nouveau appel aux travailleurs des colonies. Entre 1919 et 1931, on assiste à une immigration massive. Si la composante kabyle reste importante parmi les immigrés algériens, d’autres, comme celle des habitants du nord-ouest oranais gagne du terrain.

C’est aussi durant cette période que naissent les premiers mouvements anti-impérialistes au sein de la communauté algérienne immigrée. Après 1945, le flux migratoire reprend, les Algériens occupent des emplois dans les domaines qui permettent la reconstruction de la France et la relance économique, comme mines et sidérurgie, mais aussi l’industrie et la construction de nouvelles infrastructures. Le gouvernement de Guy Mollet, en 1956, obtient du parlement les pouvoirs spéciaux, rappelle les réservistes et envoie le contingent en Algérie. Algérie devenue indépendante et sont rapatriés en métropole. Toutefois, les musulmans ont pourtant dû, lors de leur rapatriement en France, refaire le choix de la nationalité française, ce qui n’a jamais été demandé aux autres Français non musulmans. Ils doivent souscrire en France, avant le 22 mars 1967, une déclaration de reconnaissance de la nationalité régulièrement enregistrée par le ministre chargé des naturalisations. L’immigration algérienne débute alors avec la période postérieure à l’Algérie française et concerne les ressortissants immigrés de la République algérienne, souveraine, proclamée en juillet 1962.

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. La fin de la liberté de circulation signifie que les allers-retours ne sont désormais plus possibles. Ce qui fait que les Algériens travaillant en France veulent désormais y rester, et ils font alors venir leur famille. L’émigration en France se fait aussi pour des raisons politiques depuis le début des années 1990 : le triomphe du FIS aux élections municipales de juin 1990, puis au premier tour des élections législatives de décembre 1991, entraîne l’arrêt par les dirigeants algériens du processus électoral et une guerre civile. Beaucoup d’Algériens, en particulier des intellectuels, n’ont d’autre issue que celle de la fuite, ce qui fait d’eux des réfugiés politiques. Tout étranger souhaitant résider légalement en France peut se voir attribuer un titre de séjour d’une année en fonction de son statut. Différents statuts sont accordés aux étrangers notamment celui de conjoint de français.