Civilisation espagnole et hispano-américaine PDF

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Ce manuel propose un tour d’horizon complet du monde hispanique contemporain (Espagne et Amérique latine). II apporte des connaissances précises, synthétiques et actualisées. Un lexique de près de 1200 mots ainsi qu’un index détaillé des noms propres et notions en facilitent l’usage.

Insurgés cubains fusillés par un peloton d’exécution espagnol. Reconstitution que Thomas Edison réalisa avec des acteurs en 1898. Espagne en tant que puissance mondiale avait décliné. Vers 1894, le capital américain investi dans les plantations de canne à sucre et les raffineries de Cuba représente environ 50 millions de dollars américains et le commerce annuel entre les États-Unis et Cuba une centaine de millions de dollars US. Or, Cuba va connaître des troubles. Le petit peuple des peones y vivait déjà dans la misère, même au temps de la prospérité économique. De part et d’autre on fit preuve de cruauté.

Le général espagnol Valeriano Weyler, à partir de février 1896, pratiqua une politique de regroupement forcé d’une grande partie de la population — y compris femmes, enfants, vieillards — derrière des fils de fer barbelé. En deux ans, un huitième de la population, c’est-à-dire environ 200 000 personnes, succomba. De leur côté, les révoltés pratiquaient la politique de la terre brûlée, saccageant et détruisant les propriétés des partisans de l’Espagne et ravageant les plantations de sucre. Leur but était de provoquer la défaite des Espagnols en épuisant toutes leurs ressources. L’opinion publique américaine, influencée du reste par les comités révolutionnaires cubains de New York, manifesta assez vite sa sympathie pour ceux qui luttaient pour leur indépendance.

On peut noter également que depuis les années 1880, les esprits américains étaient gagnés par le sentiment nouveau que les États-Unis ne pouvaient se contenter d’une aire d’influence circonscrite aux deux Amériques mais qu’ils étaient appelés à jouer un rôle de plus en plus grand sur la scène mondiale. Cette année-là, le Congrès votait la construction de trois navires de guerre. Ces événements à Cuba coïncidaient aussi dans les années 1890 avec la lutte que se livraient les groupes de presse américains Hearst et Pulitzer pour accroître leur lectorat. En revanche, les journaux reflétant la pensée des milieux économiques ou financiers faisaient ressortir qu’une guerre compromettrait le rétablissement économique qui commençait à se manifester en 1897 et menacerait la stabilité monétaire basée sur l’étalon-or. Cuba, il ne fut pas facile pour le gouvernement américain de maintenir une position de neutralité. Une série d’incidents allait pourtant faire monter la tension entre les États-Unis et l’Espagne.

En janvier 1898, l’USS Maine est détaché de Key West en Floride à La Havane à Cuba, où il arrive le 25 janvier. Six jours plus tard, dans la soirée du 15 février 1898, le cuirassé américain USS Maine explosait dans la rade de la Havane, pour une cause indéterminée. Le New York Journal révèle à l’aide d’illustrations  extrêmement détaillées  comment les Espagnols ont fait exploser le bateau et réclame des représailles massives. L’opinion publique fut atteinte, suivant l’expression d’un diplomate européen,  d’une sorte de furie belliqueuse . Des manifestations brûlaient des Espagnols en effigie dans les rues : un enthousiasme guerrier déferla d’un bout à l’autre du pays.

Devant la montée de cette marée de bellicisme, les avocats de la paix commencèrent à faiblir. Le Chicago Times Herald écrivait le 9 mars 1898 :  L’intervention à Cuba est maintenant inévitable. Le 19, un sénateur républicain du Vermont, modéré et respecté, Redfield Proctor, déclara devant le Sénat qu’un récent voyage à Cuba l’avait convaincu du bien-fondé d’une intervention. De nombreux hommes d’affaires, des organismes économiques, divers groupes religieux qui s’étaient montrés modérés commencèrent à changer d’avis. En fait, il s’arrangea pour faire savoir à l’Espagne qu’il désirait que Cuba obtînt son indépendance. Espagne acceptait l’éventualité d’une guerre avec les États-Unis. Aux États-Unis, le parti de la guerre, qui continuait de s’organiser, renforça sa pression sur le président.

Celui-ci ne voulait pas laisser aux démocrates, en cette année d’élection, le privilège de défendre l’indépendance de Cuba. Il redoutait aussi une initiative du Congrès qui le mettrait dans l’embarras. La plupart des historiens considèrent que la guerre n’a pas éclaté sous la pression des milieux économiques. Si l’on met à part quelques propriétaires qui avaient eu leurs biens dévastés dans l’île, les armateurs engagés dans le commerce avec Cuba et quelques individus désirant obtenir des contrats du gouvernement, en fait, on ne peut pas parler de pressions concrètes des milieux économiques sur le gouvernement pour une intervention à Cuba en 1898. Au contraire, le monde des affaires s’efforça durant trois ans de résister à toutes les pressions. Elle aurait même été déjà fortement préoccupée par la recherche de nouveaux marchés, notamment depuis la dépression de 1893.

Imperial Democracy: Emergence of America as a Great Power parue en 1961, propose une explication d’ordre psychologique à l’origine de la vague de fond belliciste. Les États-Unis étaient dans une situation d’inquiétude. Ce pays, jusque-là largement protestant et anglais, à l’économie rurale, avait vu en peu de temps le nombre de catholiques s’accroître ainsi que l’industrialisation et l’urbanisation triompher. Un malaise s’empara de la population de vieille souche. Il y eut toutefois plus de pressions véritables et sincères incitant à la guerre. La Marine des États-Unis s’était alors considérablement développée, mais n’avait pas encore eu l’occasion d’être testée, et plusieurs vieux  chiens de guerre  étaient enthousiastes à l’idée de tester et d’utiliser leurs nouveaux outils.

La marine avait conçu des plans pour attaquer les Espagnols dans les Philippines plus d’un an avant le début des hostilités. En Espagne, le gouvernement n’était pas totalement en défaveur de la guerre. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Les Cortes, malgré les conflits incessants dans ce qui reste de l’empire espagnol, se sont refusés à modifier une loi de 1882 sur le recrutement de l’armée qui n’applique que très incorrectement le système du service militaire obligatoire et nombreux sont ceux qui se font exempter. 10 cadres de bataillons de réserve.