Cynismes (Figures) PDF

Bronze d’Antisthène, Musée archéologique provincial Ribezzo de Brindisi. Diogène de Sinope, grâce à sa persévérance fut le disciple d’Antisthène, qui avait dit ne vouloir aucun disciple : un jour où Antisthène le menaçait d’un bâton pour qu’il s’en allât, Diogène tendit cynismes (Figures) PDF tête et lui dit :  Frappe, tu n’auras jamais un bâton assez dur pour me chasser, tant que tu parleras ! Antisthène enseignait que la seule philosophie est éthique, et que la vertu s’enseigne et suffit au bonheur du sage.


Les Cyniques ? C’étaient, au IVe siècle avant l’ère chrétienne, des individus qui se réclamaient du chien, portaient barbe, besace et bâton, copulaient en public, faisaient du poisson masturbateur un modèle éthique et pratiquaient le jeu de mots en guise de méthodologie : là où d’aucuns font référence aux idées et aux théories absconses, ils opposaient le geste, l’humour et l’ironie. Leurs noms : Antisthène, Diogène, Cratès ou Hipparchia. Si Michel Onfray a choisi de les ressusciter ici, c’est parce que notre époque aurait beaucoup à apprendre d’eux : pour mieux mettre en péril les fondements de toute civilisation, ils invitent au cannibalisme, à l’omophagie, à l’inceste et au refus de toute sépulture. Leur matérialisme se double d’un souci hédoniste qui propose un accès aristocratique à la jouissance. En même temps, ils professent un athéisme radical doublé d’une impiété subversive et d’une pratique politique libertaire. Paradoxalement, en restaurant l’actualité du cynisme philosophique, on proposera dans cet ouvrage une pharmacopée au cynisme vulgaire. Michel Onfray a publié dans la même collection le Ventre des philosophes.

Elle se manifeste dans les actions, elle se passe des discours et des théories. En conséquence, il faut mener une vie aussi simple et morale que possible, et se détacher des conventions sociales. Polémiquant contre les Idées de Platon, il déclarait  qu’il apercevait bien le cheval mais non la caballéité , rejetant ainsi l’ontologie platonicienne. Antisthène a énoncé le fondement logico-moral du stoïcisme, à savoir que le bonheur se trouve dans le bon usage des représentations, autrement dit dans ce qui dépend de nous. Il imite l’endurance de Socrate, emprunte son mépris des hommes à Héraclite, ce qui se traduit par la reprise quasi à l’identique de formules héraclitéennes. Il semble avoir privilégié la forme du discours, en témoignent deux déclamations mineures, l’Ajax et l’Ulysse à propos de la lutte pour les armes d’Achille, sujet académique tiré de l’Odyssée. Son style est considéré comme un modèle de pureté, et on le rapproche de ceux de Xénophon et de Platon, ce qui semble confirmer qu’Antisthène figurait au nombre des auteurs étudiés dans les classes.

Platon se réfère à un banquet différent. Fernanda Decleva-Caizzi,  Antisthène , in Jacques Brunschwig et Geoffrey Lloyd, Le Savoir grec, Flammarion, 1996, p. Pierre Gouirand, Aristippe de Cyrène : le chien royal : une morale du plaisir et de la liberté, Paris, Maisonneuve et Larose, 2005, 478 p. Aristote : Œuvres complètes, Éditions Flammarion, 2014, 2923 p.

Aldo Brancacci, Antisthène : Le Discours propre, Éditions Vrin, 2005, 283 p. Thierry Gontier, De l’homme à l’animal. Montaigne, Descartes ou les paradoxes de la philosophie moderne sur la nature des animaux, Paris, Éditions Vrin, coll. Version poche: Grasset – Le Livre de poche, Collection  Biblio essais , 1997.

Léonce Paquet, Les Cyniques grecs : fragments et témoignages, Paris, Le Livre de poche, 1992. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page a été faite le 25 janvier 2019 à 00:23. Le mouvement cynique, inscrit dans la société antique, se présente avant tout comme un modèle de contestation. Le cynisme utilise ainsi beaucoup d’images et de modèles, dans le but de toucher toutes les classes de la population, sans se focaliser sur les élites intellectuelles. Platon définissait Diogène de Sinope comme un Socrate devenu fou, dont le but est de subvertir tout conformisme, tout modèle moral.

L’école cynique a été vivace durant toute l’Antiquité, de la Grèce jusqu’à Rome. Le sage cynique choisit donc de vivre dans l’abstinence, la frugalité. Il se pare ainsi d’une simple besace et d’un unique manteau pour l’hiver et l’été. Pour les cyniques, le simple fait de survivre dans le dénuement suffit à devenir sage. Il n’y a pas de savoir technique supplémentaire nécessaire. Un homme lui amena un jour son enfant, et le présenta comme très intelligent et d’excellentes mœurs. Les philosophes de l’école cynique se refuseront toujours aux grands discours, préférant les maximes sibyllines et ironiques, l’efficacité du quotidien, la preuve par le fait et non par la parole.

En d’autres termes, la vérité éthique, démontrée par l’expérience et non les vérités théoriques résultant de systèmes complexes. La philosophie cynique a pour but la sagesse, une éthique de vie. Selon Antisthène, aucun discours n’a de valeur, aucune étude ni savoir. Le mode de vie à suivre pour le cynique est celui du chien. Le chien mord, urine sur n’importe qui et copule n’importe où. La société est perçue comme corruptrice et changeante, là où la nature est vertueuse et universelle. Diogène se revendique ainsi cosmopolite, c’est-à-dire citoyen du monde.