Découvrir la médecine de la personne: Regards croisés PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. L’éducation des enfants, ici par une servante fille d’esclave en 1900, découvrir la médecine de la personne: Regards croisés PDF partie du champ du travail du care. Photographie conservée au Royal Museums Greenwich.


Premier tome de la collection « Médecine de la personne en questions », cet ouvrage rassemble plusieurs points de vue sur ce sujet vaste et passionnant.

En quelques chapitres. Découvrir la médecine de la personne met en lumière des dizaines de pistes et incite le lecteur à s’ouvrir à toujours plus de problématiques, de questionnements et de débats, à s’interroger sur les enjeux de la médecine traditionnelle ainsi que sur les progrès qui y sont possibles, à envisager des approches variées.

Rédigé par des soignants, des théoriciens, des chercheurs, des enseignants et des patients, coordonné par Simon-Daniel Kipman, président de l’Observatoire francophone de la médecine de la personne, l’ouvrage puise sa force dans la diversité de leurs expériences.

Chacun participe ainsi, avec sa plume et sa vérité, à la richesse de ce livre. Avec beaucoup de justesse, leurs « regards croisés » abordent philosophie, patients, consultation, communication, mort, transmission du savoir-faire et bien d’autres questions essentielles à tout lecteur qui souhaite avancer dans ses réflexions.

Cette éthique place aussi au cœur de sa réflexion l’impact concret de nos choix et actions, par opposition à des théories abstraites de la justice, élaborées à partir de principes. Plutôt que d’attribuer la tendance apparente du retard moral des filles à une construction sociale patriarcale du genre féminin, Gilligan enquêta sur les discours moraux des jeunes filles pour découvrir une singularité qui aurait échappé à la classification de Kohlberg. Pour la psychologue, éthique de la sollicitude, enracinée dans les situations singulières est complémentaire de l’éthique plus classique, détachée, de Kohlberg. Le care désigne l’ensemble des gestes et des paroles essentielles visant le maintien de la vie et de la dignité des personnes, bien au-delà des seuls soins de santé. Cette éthique féministe met au centre de l’expérience morale la dépendance et le souci de l’autre, plutôt que la liberté et le détachement. Ceci la place en opposition avec les conceptions kantiennes et rationalistes de la moralité. Les valeurs morales de soin, d’attention à autrui, de sollicitude se trouvent souvent identifiées de prime abord par le sens commun comme étant spécifiquement féminines.

L’éthique du care critique l’idée que certains traits de caractère typiquement associés aux femmes leur seraient naturels : compassion, souci de l’autre, dévouement, oubli de soi. Ces dispositions et attitudes ne sont pas propres aux femmes, mais socialement et culturellement distribuées. Dans cette perspective, l’éthique de la sollicitude peut et doit concerner chacun dans la mesure où chacun est ou peut devenir un  aidant . Ainsi, l’éthique de la sollicitude peut être comprise comme une phénoménologie du rapport de soin, d’attention, de sollicitude entre soignants et soignés, aidants et aidés. L’étude de cette relation mérite d’être réalisée selon différents angles d’analyse. Le mot sollicitude est généralement employé comme équivalent du mot anglais care. Ce dernier était employé dans les premiers travaux français sur le sujet, avant que l’équivalent consensuel sollicitude ait été consacré par l’usage.

Les difficultés à traduire le « care » contribuent au maintien de l’expression anglaise dans plusieurs œuvres francophones et sont fréquemment discutées. Celles-ci sont beaucoup plus investies dans les relations de soin qui les attachent à autrui, alors que les hommes portent plus d’intérêt à la construction individuelle et font davantage place à la compétition. Pour Joan Tronto, la sollicitude ne doit pas s’en tenir seulement à une attitude morale : elle considère le sens social d’une activité de soins, pourtant mal rémunérée et peu considérée, alors qu’elle constitue un rouage essentiel de la société de marché. Elle appelle à professionnaliser les conduites liées à la sollicitude et au soin.

Apporter une réponse concrète aux besoins des autres ne relève pas d’une préoccupation spécifiquement féminine mais pose une question d’organisation politique fondamentale recoupant l’expérience quotidienne de chacun. Pour elle, se soucier de quelqu’un implique un besoin de sollicitude. D’où la qualité morale spécifique de l’attention à l’autre, qui consiste à reconnaître ce dont il a besoin. Prendre soin suppose la responsabilité du travail de sollicitude qu’il faut accomplir. Le fait de soigner, travail concret de la sollicitude, suppose la qualité morale de la compétence, non pas comprise comme une compétence technique, mais bien comme une qualité morale. Elle pointe le fait que le soignant prodigue le soin infirmier dans la plus totale congruence avec la personne rencontrée suivant son système de représentations, et non à l’encontre de celui-ci. Proximologie, qui se centre sur les enjeux de l’aide aux aidants.