Eloge de la coïncidence PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. En pratique : Quelles sources sont attendues ? Le Silence de la mer est un film de Jean-Pierre Melville, adapté de la nouvelle de Vercors, tourné en 1947 eloge de la coïncidence PDF sorti en 1949.


LE POINT DE VUE DES EDITEURS

« Il est curieux que cet Eloge de la coïncidence soit le premier livre de Schwarcz. Il se lit comme un résumé de nombreux livres antérieurs, la distillation de quantité de pages traitant de sujets divers et qui, reliées ensemble par une main devenue expérimentée, composent un petit chef-d’oeuvre. C’est un ouvrage parfaitement achevé au style plein de grâce, à l’intelligence discrète, à l’humour réservé et, surtout, d’une honnêteté littéraire tempérée de bienveillance (sans laquelle l’honnêteté n’est qu’étalage de vertu). Certaines pages sont ou paraissent autobiographiques ; d’autres entraînent à des méditations sur la responsabilité individuelle et l’ordre universel ; d’autres ont une saveur de rêve ou de cauchemar. Ensemble, toutefois, elles révèlent un schéma clair : tout ce que nous vivons, tout ce que nous pensons ou ressentons, chaque imagination, si différente soit-elle des autres, tout cela appartient à un récit unique qui doit être raconté. »

ALBERTO MANGUEL
(extrait de la postface)

Luiz Schwarcz est né à São Paulo en 1956. Il est éditeur et auteur de livres pour la jeunesse.

Jean-Pierre Melville se révèle être un des fondements de la Nouvelle Vague. Un homme d’une soixantaine d’années demeure avec sa nièce dans une maison du Dauphiné, dans la France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale. Pendant plusieurs mois, l’officier, compositeur de musique dans sa vie civile, tout imprégné de culture française, essaie d’engager, en dépit d’un silence immuable, un dialogue avec ses hôtes. Au cours d’une permission à Paris, une conversation avec des amis lui apprend d’abord que la collaboration n’est qu’un prétexte pour détruire la culture française, dangereuse pour l’affirmation du nazisme en Europe. Un soir, après avoir revêtu son uniforme dans sa chambre avant de se présenter devant ses hôtes, symbolisant ainsi la distance qui les séparait et l’impossibilité pour lui d’espérer être accepté par eux au vu de la tournure des événements, il leur présente, confus, les raisons de sa décision et après avoir conclu son discours par un adieu, la nièce lui parlera pour la première et dernière fois en lui adressant elle aussi, troublée, un adieu à peine audible.

Après la guerre, lorsqu’il décida de se mettre au travail, il lui fallait d’abord acquérir les droits du livre. C’est cette démarche qui lui fait retrouver Jean Pierre-Bloch, ancien ami d’enfance. Première complication, Louis Jouvet l’avait précédé dans l’adaptation et en avait demandé les droits avant Melville. Les difficultés ne font que commencer.

Melville n’a pu entrer dans la profession par la voie traditionnelle. De plus, sa maison de production ne lui a pas servi, étant donné qu’il n’avait ni les droits d’adaptation du livre, ni carte syndicale de réalisateur, puisqu’il ne voulait pas être syndiqué, ni de bons de déblocage de pellicule, indispensables pour obtenir le précieux matériau. De ce fait Melville se trouve démuni de toute aide, notamment financière. Toutefois, Melville trouve une aide de fin de film, le laboratoire GTC dirigé par un ancien résistant, Colling. Celui-ci lui fait confiance, ne lui demande pas de traites et lui prête son laboratoire à titre gratuit contre remboursement futur. Le montage a été fait dans le dénuement le plus total.

L’appareil chauffait et à chaque arrêt brûlait la dernière image, puisqu’une partie du film est en 35 mm flamme. Aucun rush n’a été projeté faute de moyens, ce qui fait que Melville devait inspecter à l’œil nu les négatifs livrés chaque soir. Mais la sensation de réaliser quelque chose d’important, tout en étant démuni était merveilleuse. C’est tellement idiot mais tellement vrai que je crois qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. J’ai toujours eu cette devise : ne sachant pas que c’était impossible, je l’ai fait. Le choix des comédiens, peu nombreux, a été rapide. L’hostilité des occupants et de l’entourage n’a rien arrangé.