Foi juive et croyance chrétienne PDF

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Dès son origine, le christianisme s’est défini comme le «Nouvel Israël» et le régime de la grâce a été compris comme étant l’accomplissement de la Loi. Cette affirmation est-elle fondée ? Le présent ouvrage développe la thèse selon laquelle le christianisme et le judaïsme relèvent en réalité de deux intuitions et de deux logiques religieuses hétérogènes : en dépit des apparences le second ne procède pas du premier. Pour le dire autrement, les chrétiens ne sont pas spirituellement des sémites. Par delà ses efforts récents très estimables pour reconnaître la valeur de la foi juive, il conviendrait que le christianisme libère définitivement les Juifs de l’invitation fraternelle qui leur est faite de recevoir une croyance dont il s’imagine, en toute bonne foi mais à tort, qu’elle leur est destinée. S’affranchissant du poids d’une référence abusive et en réalité inutile, le christianisme pourrait accéder à une intelligence pleine et entière de son être religieux authentique.
Se fondant, d’une part, sur des auteurs comme Maïmonide et Leibowitz, d’autre part, sur la tradition théologique et spirituelle de la patristique grecque, l’ouvrage renouvelle la problématique d’un hérésiarque oublié du IIe siècle : Marcion, l’évêque de Sinope.

Juif dans le monde et l’histoire. L’hellénisme, et sa composante doctrinale, la philosophie, sont introduits en Judée lors de la conquête de la Perse par Alexandre. Juifs, qui ont appris dans leur Livre que ce sont des abominations à YHWH. Idée de Platon ou la Métaphysique d’Aristote. Dieu abstrait, alors que le judaïsme croit en un Dieu personnel et impliqué dans le monde. Le monde est, selon Aristote, incréé et éternel, et la rétribution des actes est, si elle existe, collective et non personnelle.

Toutefois, cette symbiose na pu se faire en Judée, mais parmi les Juifs installés dans le monde hellénistique, en particulier à Alexandrie. C’est en effet à Alexandrie que le judaïsme, libéré des liens nationaux qui se rattachaient à la tradition en Palestine, s’imprègne de l’hellénisme ambiant. Sagesse de Salomon, présentent clairement l’éthique grecque dans le moule de la littérature sapientiale juive. Le texte s’adresse vraisemblablement à des païens, ou à des Juifs tentés par le paganisme. L’auteur laisse entrevoir des doctrines stoïciennes, en faisant de la Sagesse un être indépendant, existant en dehors de la divinité et servant de médiateur entre l’activité divine et le monde, dans lequel la raison divine est immanente.

Hannah et ses sept fils — 2. C’est par le biais des Pères de l’Église que l’on connaît Aristobule de Panéas, dont certains fragments du commentaire qu’il fit de la Bible ont été conservés par eux. Classé parmi les pères de l’Église, Philon n’est pas étudié, ni même réellement considéré comme un penseur juif en dépit de son indiscutable judéité. Il fut sans doute trop « grec » pour les rabbins, c’est-à-dire trop proche de la métaphysique et moins de la démarche rabbinique. EC, où les philosophes juifs sont fortement influencés par la philosophie islamique environnante, laquelle est fortement tributaire de la philosophie grecque, traduite du syriaque par Al-Farabi. Juifs, s’étant réfugiés dans le monde chrétien et ayant oublié l’arabe, durent développer une philosophie propre, laquelle comportait des influences chrétiennes, principalement de la scolastique.

La philosophie des Mutazilites est conçue par eux comme un moyen de résoudre les problèmes de l’analyse scripturaire, principalement en ce qui concerne l’Unité et la Justice divines. Or, l’analyse scripturaire caractérise précisément les Karaïtes, des Juifs qui, ayant fait sécession du Talmud, reportent leur adoration tout entière sur la Miqra. Anan ben David de tous les courants juifs opposés à la Loi orale, trouve donc chez eux un accueil particulièrement favorable. Dieu doit précéder la croyance en la révélation : ce n’est, selon eux, qu’une fois l’existence de Dieu, Sa sagesse et Son omnipotence établies, que la vérité de la Révélation est garantie. Aaron ben Elya de Nicomède, montrera des influences aristotéliciennes, surtout maïmonidiennes. En revanche, chez les Rabbanites, le Kalam sera en compétition avec le néo-platonisme, et sera supplanté plus tard par les doctrines d’Aristote. Le néoplatonisme, bien qu’originellement hénothéiste et païen, fut adapté puis adopté par de nombreux penseurs juifs, dont l’un des plus illustres représentants est Salomon ibn Gabirol.

L’émanationnisme, la perfection infinie de l’Un, la montée de l’âme etc. Les philosophes juifs néoplatoniciens oscilleront souvent entre ces deux pôles, qui peuvent se confondre chez certains, comme Bahya ibn Paquda, que les Juifs connaissent sous le nom de Rabbenou Behaye. Juda Halevi ne s’élève pas contre la spéculation philosophique elle-même, dont il fait lui-même usage, y compris pour démonter des arguments philosophiques, mais contre la volonté de démontrer une identité entre vérité démontrée et vérité révélée. Ce livre valut à Juda Halevi sa notoriété en son temps et de nos jours, bien qu’il fût déjà un poète réputé. Les idées d’Aristote eurent une répercussion importante et durable dans la philosophie juive, du fait de la stature spirituelle de son principal représentant, Moïse Maïmonide.

De lecture malaisée, ce livre fut très vite surclassé par le « Guide des Egarés » de Maïmonide, paru peu après. Abraham ibn Dawd n’en est pas moins le premier Juif aristotélicien, et son œuvre compte parmi les ouvrages classiques de la philosophie juive du Moyen Âge. La philosophie de Maïmonide fut, de son vivant même, l’objet de mesures et contre-mesures d’excommunication pour quiconque s’y adonnerait, et de controverses passionnées, dont le compte-rendu même fournit la matière du Minhat Kenaot d’Abba Mari, rédigé en 1306, plus d’un siècle après la mort du Maître. Il arrivait souvent que les acteurs de ces controverses adoptent une position partagée.