Gustave Hervé : Itinéraire d’un provocateur, de l’anti-patriotisme au pétainisme PDF

Gustave Hervé, né à Brest en janvier 1871 et mort à Paris le 25 octobre 1944, est un homme politique socialiste puis fasciste français. 1881 en laissant sa famille dans une certaine détresse sociale. Lesneven dans un établissement privé, puis passe l’gustave Hervé : Itinéraire d’un provocateur, de l’anti-patriotisme au pétainisme PDF d’histoire en 1897. Sa collaboration au journal Le Piou-Piou de l’Yonne lui vaut des procès en correctionnelle et même devant la cour d’assises, où il est défendu avec succès par Aristide Briand.


Gustave Hervé est un des personnages les plus originaux et passionnants de la IIIe République. Né à Brest en 1871 et mort à Paris en 1944, il démarre sa carrière de professeur d’histoire et de propagandiste dans l’Yonne, en 1900, sous le pseudonyme de  » Sans Patrie « . Révoqué de l’enseignement, devenu avocat et radié du barreau de Paris pour raisons politiques, il est le leader incontesté des antimilitaristes et des antipatriotes au sein de la SFIO et fonde en 1906 un célèbre hebdomadaire révolutionnaire, La Guerre sociale. Ses articles incendiaires contre l’armée et la police lui valent plusieurs condamnations à de lourdes peines de prison et un sobriquet glorieux :  » L’Enfermé « . Pourtant, dès le début de la Grande Guerre, en juillet 1914, ce socialiste insurrectionnel devient un propagandiste acharné de la cause patriotique. Dès lors, il glisse peu à peu vers un socialisme national qui le place aux avant-postes des droites extrêmes dès les années vingt. Admirateur du fascisme italien et du national-socialisme allemand, c’est lui qui lance dès 1935 le slogan  » C’est Pétain qu’il nous faut « . Il deviendra un des plus fervents soutiens du maréchal, avec lequel, pourtant, jamais à court de volte-faces paradoxales, il prendra ses distances dès 1940. Journaliste talentueux et provocateur imprévisible, il s’est attiré tout au long de sa vie les admirations les plus fidèles et les haines les plus féroces. Sa plume trempée dans le vitriol, son génie de la propagande – qu’on décrirait aujourd’hui comme l’art d’un  » grand communicateur  » – en font un des créateurs de la presse moderne. Quant à sa trajectoire singulière, elle est l’incarnation exemplaire de la complexité politique de la première moitié de notre siècle.

Ses démêlés judiciaires lui ayant fait perdre son poste de professeur, il peut se consacrer entièrement au militantisme. 4 ans de prison fin décembre 1905, l’AIA ayant publié une affiche appelant à la grève insurrectionnelle en cas de mobilisation. Il vit alors difficilement, à Paris, tout en gardant des liens très forts avec la fédération socialiste de l’Yonne. Son antimilitarisme lui fait prendre des positions, très en pointe pour l’époque, sur la colonisation, qu’il dénonce avec véhémence.

Il est pourtant resté pour beaucoup le symbole d’une certaine intransigeance doctrinale et pratique. Pour d’autres, comme Alfred Rosmer, en revanche, c’était un gauchiste de paroles, multipliant les folies verbales dans son journal. Il passe d’un ultra-pacifisme à un ultra-patriotisme. Fin 1933, Bucard part avec l’équipe de la Milice socialiste nationale pour fonder le francisme.

Adolf Hitler, à quelles catastrophes, malgré vos bonnes intentions, votre inexpérience politique et votre fureur antisémite conduisent-elles la patrie allemande que vous avez si bien sauvée de la gangrène marxiste ? En ce jour affreux pour les Juifs de toute la terre, combien nous sommes de cœur, en particulier avec nos compatriotes israélites. Ils étaient mêlés avec tous les autres Français dans les tranchées, il y a vingt ans, payant de leur part de sacrifice la joie et l’honneur d’être des citoyens français. Comme, en des heures comme celles-ci, on regrette de n’être pas juif, pour souffrir avec eux et partager leurs peines ! Honte au peuple allemand de voir l’antisémitisme, cette lèpre, empoisonner son esprit et son cœur !

Honte à Hitler d’avoir organisé et couvert ces ignobles représailles pour le crime d’un gamin de 17 ans, dont la persécution, la misère et l’exil avaient détraqué les nerfs et la cervelle ! Histoire de la France et de l’Europe, l’enseignement pacifique par l’histoire, illustré par Valéry Müller, Paris, Bibliothèque d’éducation, 1903. Leur Patrie, La Guerre sociale, Paris, 1905. Mes crimes, ou onze ans de prison pour délits de presse. Modeste contribution à l’histoire de la liberté de la presse sous la 3e République, La Guerre sociale, Paris, 1912.