L’âge violent : Le corps en errance PDF

Francis Heaulme a grandi à Briey, en Meurthe-et-Moselle, dans l’une des quatre cités l’âge violent : Le corps en errance PDF construites par Le Corbusier. Christine, de six ans sa cadette.


Yazid, Sonia, Michel, Inès… Ils sont des adolescents difficiles. A la violence du passage obligé de l’adolescence s’ajoutent les violences de leur destinée. A travers le récit de parcours de vie – écrit sur un ton où se mêlent humour, émotion et provocation -, Dinah Vernant dénonce les failles et les aberrations de tout un système médical, socio-éducatif et judiciaire qui, plutôt que d’aider à se construire, détruit ; une démarche institutionnelle sous-tendue par une
idéologie pleine de bons sentiments, qui fabrique de la violence et de l’exclusion. A l’origine de ce désastre, un oubli : le corps des ados, et un parti pris: le psychisme cause de tous les maux. Comment réconcilier l’âme et le corps, alors que les adolescents se préoccupent avant tout de leur physique et que les adultes ne s’en remettent plus qu’aux psys ?. Le présent livre nous offre une vision de cette jeunesse qui contredit fantasmes et clichés véhiculés par les médias. De ces jeunes qui, malgré leurs multiples blessures, sont habités par un courage et une rage de vivre peu communs.

L’un et l’autre sont souvent livrés à eux-mêmes dans le logement familial. Heaulme est atteint du syndrome de Klinefelter : sa pilosité est moindre et ses organes reproducteurs de petite taille. Du fait de son chromosome supplémentaire, il est également d’une taille supérieure à celle de ses proches, puisqu’il mesure 1,90 m. Il commet son premier meurtre le 5 novembre 1984, trois semaines après le décès de sa mère.

Son père change de compagne et sa sœur se marie. Francis perd son emploi de maçon à cause de son alcoolisme. En décembre 1986, avec deux amis du centre de désintoxication de Maizeroy, petit village près de Metz, il tue Annick Maurice. Il dépense son revenu minimum à boire, mélangeant parfois alcools et tranquillisants, et trouve occasionnellement des petits emplois de ferrailleur ou de maçon.

Dans plusieurs gendarmeries, il raconte des agressions  imaginaires . Ce dernier mène ses investigations qui le conduisent à Francis Heaulme, avec lequel il parvient à entrer en contact. Pendant qu’Abgrall mène son enquête, Heaulme commet d’autres meurtres. Les enquêteurs ont beaucoup de difficultés à confirmer les autres crimes, car les actes sont perpétrés sans raison ni mobile apparent par une personne très mobile. De plus des négligences, des lacunes et la mauvaise coordination des différents services d’enquête locaux ne permettent pas de le confondre. Francis Heaulme raconte avec une incroyable précision et même dessine, avant de se rétracter, des scènes de meurtre, mais en disant se les être fait raconter, les avoir vues en songe, sans dire qu’il y a participé. Par exemple, il mime la façon de tuer une sentinelle en lui tenant fermement la tête en arrière d’une main et en lui tranchant la carotide de l’autre.

Selon Abgrall,  Il ne ment pas. Cette condamnation est confirmée en appel, le 21 décembre 2018 à Versailles. Francis Heaulme lâche aux enquêteurs des bribes d’informations pour faire comprendre qu’il y a eu des  pépins , terme qu’il utilise pour qualifier ses meurtres, et fait souvent ainsi apparaître de nouvelles affaires, qui se succèdent les unes aux autres, au fil des dialogues. Selon un de ses avocats successifs, Pierre Gonzalez de Gaspard, Heaulme ne supporte pas d’être confronté à une autorité, qu’il s’agisse d’un gendarme, d’un policier ou d’un magistrat, car il a l’impression qu’ils peuvent lui faire dire n’importe quoi. En revanche il fait témoigne d’un grand respect pour l’autorité judiciaire lors des procès.

Puvenelle à Montauville, le 5 novembre 1984, soit trois semaines après la mort de sa mère. Le 17 mai 2017, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Comme il avait fait appel, un nouveau procès a donc eu lieu du 4 au 21 décembre à Versailles. Le verdict est le même : il est le coupable du double meurtre et condamné à perpétuité. Sa défense a cependant annoncé vouloir se pourvoir en Cassation. Metz, tuée le 29 décembre 1986 dans un bois d’Ogy avec la complicité de Philippe Élivon. 22 juin 1988 à Charleville-Mézières, au domicile de cette dernière.

Port-Grimaud le 5 avril 1989, étranglé et frappé de quatre-vingt-trois coups de tournevis. Reims le 18 juillet 1989, alors qu’elle rentre à son domicile d’Épernay. Heaulme avoue ce meurtre à Jean-François Abgrall. Quimper le condamne à vingt ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, pour le meurtre d’Aline Pérès. Le 9 septembre 1999 la cour d’assises de Saint-Omer le condamne à quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Jean Rémy. Le 26 novembre 1999 la cour d’assises de Nancy le condamne à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Lyonnelle Gineste. Son complice Joseph Molins est condamné à dix ans de réclusion criminelle.

Le 8 décembre 2001 la cour d’assises de Metz le condamne à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Annick Maurice. Le coaccusé Philippe Élivon est condamné à quinze ans de réclusion. Le 21 décembre 2018, la cour d’assises d’appel de Versailles a confirmé cette condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. Pascal Dague, Tueurs en série, éd. Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, éd. Faites entrer l’accusé :  Le routard du crime , réal.

Tristan Carné, 17 juin Média, mars 2004. Procès Heaulme :  Montigny, ce n’est pas moi ! Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, Paris, Éd. Pascal Michel, 40 ans d’affaires criminelles : 1969-2009, , Lulu. Les rêves mortels de Francis Heaulme  Article d’Henri Haget publié le 20 janvier 1994 dans L’Express. Maintenant, j’ai l’habitude des assises  Article de Nicole Gauthier publié le 25 novembre 1999 dans Libération. Heaulme soupçonné de l’assassinat d’une adolescente  Article de Jean-Marc Ducos publié le 18 octobre 2005 dans Le Parisien.