L’Homme superflu: Théorie politique de la crise en cours PDF

Please l’Homme superflu: Théorie politique de la crise en cours PDF this error screen to cloud1. Ses ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et sa pensée politique et philosophique occupe une place importante dans la réflexion contemporaine.


Le monde capitaliste est engagé désormais dans ce qui risque d’être la plus importante et la plus longue de ses crises. Non pas que sa dimension économique soit inattendue ou plus violente que les précédentes, mais bien parce que celle-ci touche désormais au fondement même de la vie humaine, de la vie en société et du système capitaliste. C’est à partir de ce postulat que Patrick Vassort revisite, dans cet ouvrage, les théories althussériennes sur les appareils idéologiques d’Etat pour montrer leur obsolescence et leur transmutation en ce qu’il nomme  » Appareils stratégiques capitalistes « . Ainsi les appareils classiquement désignés comme idéologiques (école, famille, religion, syndicats, etc.) ont subi des transformations sociales et politiques, la vitesse et l’accélération devenant les outils centraux de la formation des individus dans toutes les formes de compétitions mondialisées. Ces appareils idéologiques, devenus des appareils stratégiques de  » mise en conformité  » des populations mondiales, font disparaître la complexité, l’altérité et écrasent les différentiations culturelles et historiques. Ils mettent entre parenthèses l’humanité de l’homme dans toute sa diversité universelle faisant de celui-ci l’appendice du développement accéléré des techno-sciences au service de la productivité capitalistique. C’est au travers de la structuration de ces appareils que le monde capitaliste touche à sa contradiction ultime qui le mène à la crise inévitable tout en mettant, enfin, en lumière la catégorie centrale essentielle à son développement, au développement de la valeur, du travail en tant qu’exploitation, de la marchandise et du spectacle, de l’écrasement définitif de son environnement : la superfluité de l’homme, de toutes ses productions, de son environnement et de la vie.

Hannah Arendt est née à Hanovre en 1906. Son père était ingénieur de formation et sa mère pratiquait le français et la musique. Des deux côtés, les grands-parents étaient des Juifs laïcs. Son père meurt en 1913 de la syphilis. La rencontre avec Martin Heidegger en 1925 est un événement majeur de sa vie, tant sur les plans intellectuel que sentimental. Cet événement a toutefois souvent fait ombrage à la contribution originale de Arendt et a souvent occupé une place disproportionnée dans la compréhension de sa trajectoire intellectuelle.

En 1925, Arendt, est très jeune et voue une grande admiration à son maître, de dix-sept ans son aîné. La même année, elle obtient une bourse d’études qui lui permet de travailler jusqu’en 1933 à une biographie de Rahel Varnhagen, une Juive allemande de l’époque du romantisme, qui ne paraîtra qu’en 1958. Arrivée en France, elle devient la secrétaire particulière de la baronne Germaine de Rothschild et participe à l’accueil des réfugiés fuyant le nazisme. Depuis Paris, elle milite pour la création d’une entité judéo-arabe en Palestine. Puis, elle gagne Marseille où elle obtient, grâce au Centre américain d’Urgence de Varian Fry, un visa pour le Portugal qu’elle rejoint en train. Après la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Allemagne, travaillant pour une association d’aide aux rescapés juifs.

Après ces trois livres fondamentaux, elle couvre à Jérusalem le procès du responsable nazi Adolf Eichmann, en qui elle voit l’incarnation de la  banalité du mal . La même année, elle publie également Essai sur la révolution. En 1973, elle commence une série de conférences à Aberdeen sur  La pensée  et  Le vouloir  : elles constituent les deux premières parties de son livre posthume La Vie de l’esprit, dont elle n’a pas eu le temps d’écrire la troisième et dernière partie,  Juger . Elle meurt le 4 décembre 1975 à New York d’une crise cardiaque.

Elle s’inspire cependant aussi de nombreux autres penseurs pour construire sa philosophie, parmi lesquels Aristote, Augustin, Kant, ou encore Nietzsche. Ces prises de position ont grandement contribué à sa célébrité. Arendt souhaitait penser son époque, et elle s’est ainsi intéressée au totalitarisme. Dans le livre Les Origines du totalitarisme, elle met sur le même plan stalinisme et nazisme, contribuant ainsi à systématiser le nouveau concept de  totalitarisme . Articles détaillés : Banalité du mal et Eichmann à Jérusalem. La pensée d’Hannah Arendt est avant tout une nouvelle conception de la politique, développée dans Condition de l’homme moderne et La Crise de la culture. Elle distingue et hiérarchise selon leur ordre d’importance trois types d’activités qui caractérisent la condition humaine : le travail, l’œuvre et l’action.

Son analyse de l’espace public repose sur la distinction conceptuelle entre le domaine privé et le domaine public, chacune des principales activités de l’homme devant être bien localisée, sans quoi ce sont les conditions de possibilité de la liberté humaine qui ne sont pas réalisées. C’est d’ailleurs sous cet angle qu’elle critique la modernité, en ce que justement celle-ci serait caractérisée par la disparition d’une véritable sphère publique, par laquelle seulement l’humain peut être libre. Le travail chez Hannah Arendt correspond à l’activité visant à assurer la conservation de la vie, par la production des biens de consommation subvenant aux besoins vitaux. En tant que référée à la satisfaction des besoins biologiques, et donc en ce qu’elle se caractérise par la non-liberté, il s’agit là pour Arendt de l’activité qui nous rapproche le plus de l’existence animale, et par conséquent l’activité la moins humaine, se rapportant pour cette raison à l’humain comme animal laborans. L’œuvre, qui caractérise l’humain comme Homo Faber, désigne pour Arendt la production d’objets destinés à l’usage plutôt qu’à être simplement consommés. Néanmoins, en tant qu’activité finalisée, elle n’est pas totalement libre, mais se rapporte encore à une certaine nécessité. Arendt être créée au sein de la sphère privée avant d’être exposée publiquement : c’est ainsi qu’elle crée un monde dans lequel l’action peut prendre place.