L’idée de l’Europe au fil de deux millénaires PDF

L’histoire de la soie l’idée de l’Europe au fil de deux millénaires PDF débuter, selon les découvertes récentes, en Chine entre 3000 et 2000 ans av. Elle se serait poursuivie ensuite avec trois millénaires d’exclusivité durant lesquels la Chine aurait fait commerce de ce tissu précieux sans jamais en transmettre le secret. Puis, elle connaît un grave déclin lié à l’essor rapide de la fabrication dans certains pays d’Asie et aux épidémies qui touchent les vers à soie en France. Elle est finalement redevenue une production essentiellement asiatique.


Le cocon d’où est tiré le fil de soie. La soie resta si longtemps un mystère que les nombreuses civilisations qui la découvrirent, notamment grâce aux routes de la soie qui parcourent l’Eurasie, inventèrent maintes légendes à son propos. Les légendes persanes rendent compte de l’apparition du premier couple de vers à soie, éclos sur le corps de Job, alors attaqué par la vermine. Voulant l’extraire de sa boisson, la jeune fille de quatorze ans aurait commencé à dérouler le fil du cocon. Elle aurait alors eu l’idée de le tisser. La soie aurait ensuite quitté la Chine vers l’Inde dans la chevelure d’une princesse promise à un prince de Khotan.

Si la soie est rapidement exportée vers des pays étrangers, la sériciculture demeure un secret soigneusement conservé par les Chinois. Les autres peuples inventent alors diverses origines à ce tissu merveilleux. En fait, il n’est pas possible de dater précisément l’apparition du tissu. L’exclusivité chinoise de l’usage de la soie semble cependant toute relative. En Chine, l’usage quotidien de la soie ne semble réellement prendre son essor que sous la dynastie des Han, c’est-à-dire deux siècles avant notre ère.

Chine a déjà perdu son secret puisque les Coréens, les Japonais, et plus tard les Indiens, parvinrent à le découvrir. En Chine, pays qui concentre l’essentiel de l’usage et de la production, la culture du mûrier et l’élevage des vers à soie sont initialement destinés aux femmes. Des milliers d’entre elles s’y dédient. Manuscrit taoïste sur soie retrouvé dans une tombe à Mawangdui. Le port de la soie devient exclusif à la famille impériale et aux plus hauts dignitaires pour environ un millénaire.

Puis, progressivement, il s’étend à d’autres classes de la société chinoise. En plus d’être porté, le tissu est souvent destiné à des fins décoratives. Le papier fut certainement l’une des grandes découvertes de la Chine. La soie, le bambou, le lin, la paille de riz ou de blé furent employés indifféremment. Durant la dynastie des Han, la soie devient progressivement une valeur de luxe pour elle-même et non plus un simple matériau.

Au même titre qu’on estime parfois le prix des produits selon un certain poids en or, la longueur de tissu devient un étalon monétaire en Chine. La richesse qu’apporte la soie à la Chine attise la convoitise des peuples voisins. Xiongnu, ancêtres des Huns, pillent régulièrement, et pendant environ deux siècles et demi, les provinces de l’empire des Han. La soie est alors souvent offerte par l’empereur à ces peuplades en échange de la paix. De façon générale, l’usage de la soie répond longtemps en Chine à un code très précis. Les empereurs Tang imposent par exemple aux mandarins l’usage d’une couleur particulière selon leurs différentes fonctions dans la société.

Cette découverte ne fut pas longtemps inconnue aux Romains. On leur apportait la soie de Sérica qui était le lieu où on trouvait les vers qui la produisent. Mais ils étaient si éloignés de tirer avantage de cette découverte, qu’on ne put pas venir à bout de leur faire croire qu’un fil si beau était l’ouvrage d’un ver, et qu’ils formaient là-dessus mille conjectures chimériques. D’après certains historiens, le premier contact des Romains avec la soie fut celui des légions du gouverneur de Syrie, Licinius Crassus. Les principales routes de la soie entre 500 av. La principale part de Pékin pour passer au Sud ou au Nord du désert du Taklamakan, l’un des plus arides du monde, avant de traverser le Pamir. Peu après la conquête de l’Égypte en 30 av.