La Médecine psychosomatique en question: Le savoir du malade PDF

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 » Psychosomatique « ,  » somatiser « ,  » somatisation  » : ces termes passés dans le langage courant nous permettent d’exprimer un certain nombre d’idées reçues. Bien des cancers, croyons-nous par exemple, surviennent à l’occasion d’un deuil ou d’une dépression, quand ils n’en sont pas la  » cause  » directe. Mais la réalité n’est pas si simple. Car si l’existence du fait psychosomatique est reconnue de chacun, les difficultés commencent lorsqu’il s’agit de le comprendre et l’expliquer. De sa marginalisation au sein de la communauté scientifique  » respectable « , qui professe une méfiance frisant parfois l’absurde face à des phénomènes tels que l’hypnose, aux expériences les plus étranges en quête d’un peu de psychisme concret, en passant par la diversité des  » chapelles  » constituées par les psychosomaticiens, ce livre explore les contradictions et les ambiguïtés d’une démarche qui ne vise rien moins qu’à comprendre la cohabitation de l’esprit et du corps. Lequel gouverne l’autre ? Faut-il en dissocier le fonctionnement ou, au contraire, les appréhender comme éléments constitutifs d’une entité unique ? Selon la conception adoptée, quels traitements spécifiques offrir au malade ? En analysant l’hétérogénéité des réponses apportées à ces différentes questions, l’auteur dégage une perspective originale, fondée sur l’écoute du patient et non plus sur le seul discours scientifique : la guérison ne peut évacuer la parole du malade. En définitive, le propre de l’approche psychosomatique n’est-elle pas de faire du malade un collaborateur à part entière du praticien, et non un simple objet de savoir ?Pascal-Henry Keller est psychologue clinicien, maître de conférence à l’université Victor-Segalen (Bordeaux).

La relation médecin-patient désigne l’ensemble des relations entre un médecin et son patient dans le cadre d’un acte ou d’un suivi thérapeutique. Lorsque le médecin a substitué à la plainte du malade et à sa représentation subjective des causes de son mal, ce que la rationalité contraint de reconnaître comme la vérité de sa maladie, le médecin n’a pas pour autant réduit la subjectivité du malade. Il lui a permis une possession de son mal différente. En bref, il est impossible d’annuler dans l’objectivité du savoir médical la subjectivité de l’expérience vécue du malade.

Ce n’est donc pas dans cette impuissance qu’il faut chercher la défaillance caractéristique de l’exercice de la médecine. La relation médecin-patient a traditionnellement suivi ce que l’on pourrait nommer le  modèle paternaliste . Dans ce modèle, le médecin est persuadé de savoir et d’être objectif. Il se voit comme le gardien de l’intérêt du patient. Le patient est perçu dans le modèle paternaliste comme n’étant plus une personne raisonnable, capable de comprendre sa maladie ou de décider pour elle-même de la manière dont elle veut vivre ou mourir. C’est en réaction aux expérimentations cliniques menées par les nazis sur des prisonniers, qu’apparait en 1947 dans le code de Nuremberg la notion de consentement éclairé du malade. Le rapport patient-médecin est un exemple caractéristique de la manière dont les cultures occidentales gèrent les rapports entre science et démocratie.

Engelhardt a par exemple étudié comment le débat bioéthique pouvait s’inscrire dans l’éthique de la discussion de Jürgen Habermas. La télévision, par exemple, fait passer des idées sans avancer les règles du jeu de leur énonciation. Engelhardt les questions bioéthique sont fondamentalement des problèmes démocratiques. L’objectif là non plus n’est pas d’aboutir à un consensus, mais à un accord ici et maintenant. En effet, si  les faits montrent que , que pouvons-nous dire contre les faits eux-mêmes ? Le citoyen abdique donc son pouvoir démocratique en le déléguant à ces deux sphères : le scientifique et le politique. L’idéologie de la science affirme avoir accès à la réalité telle qu’elle est et lorsqu’un homme politique invoque la recherche scientifique pour justifier ses décisions, il nous affirme donc que la réalité elle-même est d’accord avec lui.