La Révolution française (Tome 1-La chute de la royauté) PDF

La Charte octroyée par le roi Louis XVIII en 1814 est un texte ouvert, susceptible de différentes interprétations. Elle a d’ailleurs donné lieu à  des lectures divergentes tout la Révolution française (Tome 1-La chute de la royauté) PDF long de la Restauration.


Le grand historien Albert Mathiez (1874-1932), dreyfusard et homme de passions, a composé cette grande fresque claire et vivante de la Révolution française. Renouvelant l’historiographie de son temps, traduite en de nombreuses langues, cette oeuvre, qui fait référence, a connu un retentissement considérable. Avec un incomparable sens du récit et une minutie devenue légendaire, Mathiez propose une vaste synthèse qui associe l’histoire politique et l’histoire économique et sociale, dont il est l’un des pionniers. Historien engagé dans son temps, il nous montre également l’actualité des enjeux républicains de la période révolutionnaire et la pertinence de ses principes. « Pour fonder une république, écrivait-il, il ne suffit pas de supprimer un roi et de substituer l’autorité de plusieurs à celle d’un seul. La république n’est supérieure aux autres gouvernements que si l’intérêt général, le bien public, y prédominent sur les égoïsmes. » Destinée au grand public, cette somme, qui sait mettre en valeur l’essentiel, repose sur une érudition considérable qui vaut à Mathiez la réputation d’un savant exceptionnel. La présente édition rassemble en un seul volume les trois parties de l’ouvrage publiées entre 1922 et 1927 : La Chute de la royauté ; La Gironde et la Montagne ; La Terreur. Pour la première fois, cette histoire de la Révolution française est accompagnée d’un index, d’une chronologie et d’un appareil critique rappelant l’ceuvre et la vie d’Albert Mathiez.

It has thus led to divergent interpretations throughout the Restoration. It should be noticed that, from 1814 to 1830, there never was any consensus among politicians of the time regarding the nature of the political system established by the Charter. Dans cette préface, Duvergier de Hauranne avance plusieurs observations relatives à  l’histoire de ce régime. Et c’est pour faire triompher cette idée, combattue par Charles X qui soutenait que le roi devait avoir le dernier mot, que la Révolution de 1830 a eu lieu.

On peut voir là  une interprétation polémique de l’histoire de la Restauration, ou pour le dire autrement, une vision libérale représentative des vainqueurs de 1830. Toutefois, Duvergier de Hauranne va plus loin dans son interprétation de l’histoire politique de la Restauration. Il dénonce l’incohérence du pouvoir de l’époque : il n’est en effet pas logique, explique-t-il, d’accorder à  un peuple la liberté des élections, la liberté de la tribune et la liberté de la presse, à  la condition qu’il ne s’en servira pas. C’est accorder la forme et les attributs du gouvernement parlementaire, sans la substance. Le propos de Duvergier de Hauranne mérite l’attention car il lie l’existence du régime parlementaire à  l’existence de grandes libertés : liberté des élections, liberté d’expression des parlementaires à  la tribune, liberté de la presse, autant de libertés qui avaient été plus ou moins explicitement reconnues par la Charte. En d’autres termes, le gouvernement parlementaire ne se déploie pas isolément : il est en quelque sorte l’aboutissement d’un système politique libéral. Là  en revanche où Duvergier de Hauranne est critiquable, c’est dans son analyse de la Charte octroyée, selon laquelle elle organiserait le gouvernement parlementaire en France.

Par conséquent, la Charte octroyée, à  l’instar de nombreuses constitutions, est un texte ouvert, susceptible de différentes interprétations. Force est de constater qu’il n’y a jamais eu, entre 1814 et 1830, de consensus au sein de la classe politique sur la nature du régime politique fondé par la Charte et que l’idée qu’elle puisse fonder un régime parlementaire a été vivement contestée. On citera, parmi les tout premiers et pourtant les moins cités dans ce domaine, les écrits d’Henri Saint-Simon antérieurs à  sa conversion à  un courant politique, alors en voie d’émergence, le socialisme. Et explique-t-il, pour que ce régime fonctionne, il faut que l’opinion publique soit divisée en deux partis, le parti ministériel et le parti de l’opposition, qui tous les deux sont constitutionnels, c’est-à -dire qu’ils considèrent que la Charte est la seule règle du jeu constitutionnel. La Charte est le fondement, et pour ainsi dire, l’expression de la Constitution française. Le roi a les honneurs sans le pouvoir, les ministres ont le pouvoir sans les honneurs. Le roi est contraint de choisir les ministres qui ont obtenu la majorité dans la Chambre des communes.