LA RACE A VENIR Celle qui nous exterminera ! PDF

L’homme charnel et l’homme spirituel se tiennent donc sur deux plans différents. Le premier, tant qu’une ouverture ne se produit pas en lui à l’égard du spirituel, appartient au temps : il passe Saint Bernard dira que l’homme lié uniquement aux biens terrestres LA RACE A VENIR Celle qui nous exterminera ! PDF semblable aux animaux : « Il naît, vit et meurt à leur façon. L’homme spirituel relève d’un monde tout différent de celui auquel est lié l’homme charnel. Délié du temps, ouvert à l’éternité, son corps, son âme, son esprit participent déjà à la gloire de la résurrection.


La Race à venir est-il un livre dangereux ? C’est du moins ce qu’affirment Louis Pauwels et Jacques Bergier qui, dans le célébrissime « Le Matin des magiciens », soutiennent que son auteur Edward Bulwer-Lytton « inspirât en Allemagne un groupe mystique pré-nazi, la ‘Loge lumineuse’ ou ‘Société du vril’ Dans des livres comme « La Race à venir », il entendait mettre l’accent sur des réalités du monde spirituel, et plus spécialement du monde infernal. Il se considérait comme un initié. […] Il exprimait la certitude qu’il existe des êtres doués de pouvoirs surhumains. Ces êtres nous supplanteront et ils conduiront les élus de la race humaine vers une formidable mutation. »
Cette mise en garde est-elle justifiée ? Quelle est l’importance de ce livre dans l’histoire des idées politiques et ésotériques ? Quel rôle joua réellement son auteur dans la mouvance occultiste ?
Pour répondre à ces questions et à bien d’autres, il n’y a qu’une seule solution : lire « La Race à venir » et décider par soi-même si sa réputation sulfureuse est ou non légitime !

Il importe ici de se rappeler l’ordre du monde et celui de la charité, ou bien encore le divertissement pascalien correspondant à l’homme charnel, tandis que l’homme spirituel s’inscrit dans l’ordre de la charité. Le charnel, l’extériorité concernent une nature dévoyée, désorientée. Le spirituel, l’intériorité appartiennent à une nature ordonnée. L’orientation de l’être est d’une grande importance, la conversion n’étant rien d’autre qu’une orientation juste. Certes l’homme spirituel appartient à l’histoire, mais il la dépasse car il relève d’autres lois.

Intégré dans le cosmos, il œuvre corps, âme, esprit à l’avènement du royaume de Dieu, c’est-à-dire à la transformation du monde. Autrui bénéficie de la maturation qui s’opère en lui. Homme de lumière, il répand la clarté qui émane de son être. Quand Dieu est né dans l’homme et l’homme en Dieu, il s’entame aussitôt un dialogue entre cet homme nouveau-né et le cosmos. Il existe moins de différence entre ce qu’on nomme communément les vivants et les morts, qu’entre l’homme charnel et l’homme spirituel. Cette entrée dans l’éternité, cette sortie du fugace engendrent en lui une joie, un enthousiasme, une jubilation, une éternelle jeunesse.

La vieillesse n’atteint pas l’homme intérieur, la maturité coïncide avec un achèvement et non avec une décrépitude. On le voit bien avec un saint Bernard, par exemple, dont la vie a été extrêmement active, toutefois le primat est toujours donné à la contemplation au dialogue intime. Saint Bernard dira qu’il importe « d’interrompre les doux baisers pour allaiter », c’est-à-dire qu’il convient de quitter la vie contemplative pour s’adonner à l’enseignement d’autrui. La transfiguration de l’homme crée un monde transfiguré et libre.

Nous avons parlé de la transformation du cosmos grâce à l’homme spirituel. Si l’homme spirituel n’a plus le même visage que l’homme charnel, le Dieu de l’homme spirituel est rigoureusement différent du Dieu de l’homme charnel. D’où la nouvelle perspective, la nouvelle vision, le nouveau langage de l’Aimé devenu par grâce ce que Dieu est par nature selon l’expression employée par Guillaume de Saint-Thierry. Pour l’homme charnel le langage de l’homme spirituel est sans contenu, et lui semble insipide.