LE DIEU DES SORCIERES PDF

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Margaret Alice Murray fut, archéologue renommée, fut aussi une autorité reconnue dans l’étude de la sorcellerie. Dans ses ouvrages historico-ethnologiques, dont Le Dieu des sorcières est le plus célèbre, elle affirme que la sorcellerie était une religion de la fertilité datant du néolithique, pratiquée par les populations pré- indo-européennes et par leurs descendants. Elle était centrée sur une divinité cornue représentant le pouvoir générateur de la nature, et son culte se pratiquait dans des covens dirigés par un grand maître auquel les chrétiens donnèrent le nom de Diable. Ses célébrations portaient le nom de sabbats et d’esbats et avaient lieu aux solstices, équinoxes et pleines lunes. Elles comportaient des danses, des actes de magie, des sacrifices d’animaux et des rapports sexuels pour encourager la fertilité de la terre. Les écrits de Margaret Murray trouvèrent une audience en dehors des cercles habituels des anthropologues et des amateurs cultivés et ils servirent de base à la création d’une nouvelle religion néo-païenne : la wicca, dont les membres pratiquent des rites directement inspirés de ceux décrits dans ce livre.

Il ne faut pas confondre le sabbat des sorcières, qui est une institution légendaire, avec le sabbat ou Chabbat qui est un jour de repos traditionnel religieux. Dans l’Antiquité romaine, rappelle Sallmann, la strix était une créature cruelle qui volait la nuit pour dévorer les enfants, pomper les forces des adultes. Entre 1250 et 1350 de nombreux débats se sont déroulés sur la nature des démons. Le procès des Templiers, en 1307, donne reconnaissance à l’idée que certains adorent une idole à tête animale et le corps couvert de la graisse d’un nouveau-né. Ou alors ces sacrilèges adoreraient un chat noir. En 1324-1325, en Irlande, à Kilkenny, l’évêque de Ledreda intente un procès à Lady Kyteler, qu’il accuse de posséder un démon privé avec lequel elle a des relations sexuelles et qui lui permet d’ensorceler ses ennemis.

Jean XXII assimile la magie rituelle à une hérésie. Milan sont accusées de chevaucher des animaux, la nuit, de les dévorer, puis de les ressusciter. Elles sont aussi accusées d’entretenir des relations sexuelles avec un démon. Enluminure représentant le vol de deux sorcières sur un balai et un bâton.

Les prédications de Bernardin de Sienne, en Italie du Nord, vers 1420, ont joué un rôle quant au mythe du sabbat. La première chasse aux sorcières se déroule dans le canton du Valais à la fin des années 1420 et au début des années 1430. La sorcellerie recrute surtout parmi les femmes. Par des démons pareils, les actes sexuels de l’impureté la plus honteuse sont commis, non pour le plaisir mais pour l’infection du corps et de l’âme de ceux dont ils se font incubes et succubes.

Ensuite au terme d’un acte pareil, conception et génération parfaites peuvent être réalisées par des femmes : ils peuvent à l’endroit requis du ventre de la femme approcher la semence humaine de la matière préparée pour elle. Il ne me paraît pas possible que le diable, agissant comme succube avec un homme puisse recueillir des germes et les transmettre ensuite, comme incube, à une femme. Il attribue le phénomène de sorcellerie à l’imagination. De praestigiis daemonorum ac incantationibus, trad. En 1921, Margaret Murray, dans The Witch-Cult in Western Europe, a renouvelé la représentation du sabbat. Un cercle de pierres à l’intérieur duquel ils ont exécuté une danse rituelle est la seule trace tangible laissée par les participants au sabbat.

Cette danse, au paléolithique comme dans certaines sociétés traditionnelles contemporaines, devait sans doute conduire les participants à un état proche de la transe de type chamanique. Michelet cite aussi la ronde de sabbat dans le chapitre 11 de La Sorcière. Le sabbat n’a pas particulièrement lieu le samedi mais plutôt à la veille des fêtes chrétiennes. Dans la tradition la plus ancienne, il semble même qu’il ait eu lieu plutôt dans la nuit du jeudi au vendredi. Repas et danses durant le sabbat. Ainsi, l’autre aspect du sabbat souvent évoqué, tant par la culture populaire que par l’Inquisition, est son caractère sexuel, explosion des sens. Les sources juridiques, les seules attestées, ne permettront jamais de dresser une représentation complète et réelle de ce que furent ces assemblées, au travers des officiants soumis à la question, derrière le filtre projeté des accusateurs ou passionnés.

Les descriptions des sabbats ont été faites ou publiées par des prêtres, des juristes et des juges qui n’ont jamais participé à ces rassemblements, ou ont été transcrites au cours des procès de sorcellerie. Pierre de Lancre reconnaît qu’une accusée,  très belle femme , ne croyait faire aucun mal d’aller au sabbat . Les minutes des procès notaient-elles les paroles du prévenu, ou ses acquiescements contraints face au juge ? Il n’y avait probablement pas de sabbat dans cette région avant l’arrivée de Lancre, conseiller au Parlement de Bordeaux, tout au plus quatre fêtes saisonnières auxquelles une fille lui confesse d’être allée. Répétons-le : on n’a aucune preuve de l’existence réelle d’un culte des sorcières, ni qu’il ait jamais existé un groupe de personnes ayant pratiqué un rituel interprétable comme de la sorcellerie.

Hansen, Quellen und Untersuchungen zur Geschichte des Hexenwahns und der Hexenverfolgung im Mittelalter, Bonn, 1901, V-703 p. Norman Cohn, Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen Âge, 1975, trad. Jean-Michel Sallmann, Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, Le livre de poche, coll. Au reste on y danse fort peu souvent un à un, c’est-à-dire un homme seul avec une femme ou une fille, comme nous faisons avec nos gaillardes.

Ainsi elles nous ont dit et assuré, qu’on n’y dansait que trois sortes de choses, communément se tournant les épaules l’un l’autre, et le dos sur chacun visant dans le rond de la danse, et les visages en dehors. Henry Boguet,  Discours exécrable des sorciers – Lire en ligne , sur gallica. Les danses des sorciers rendent les hommes furieux et font avorter les femmes ». Histoire de la philosophie occulte, Alexandrian, p. Il ajoute comme danses étrangères la nissarde, la pyrrhique, la mauresque, la cascade, les rondades,  toutes ces danses se encore avec beaucoup plus de liberté et d’effrontement au Sabbat . Comment les gens du peuple ne croiraient-ils pas à la sorcellerie puisque leurs dirigeants y croient aussi aveuglement ?