Le naufrage de l’université et autres essais d’épistémologie politique PDF

Considéré comme l’un des fondateurs de la le naufrage de l’université et autres essais d’épistémologie politique PDF, ses interrogations portent sur les changements opérés sur la société avec l’entrée dans la modernité. Contrairement à Émile Durkheim, considéré lui aussi comme un père de la sociologie, Weber a peu enseigné et n’a pas fait école de son vivant.


Il n’est peut-être pas de réforme plus urgente que celle de l’Université. Mais pas de réforme non plus qui semble aussi irrémédiablement vouée à l’échec. N’est-ce pas là l’effet du profond fossé qui s’est creusé entre l’idéal sur lequel s’est édifié l’Université et sa réalité actuelle ? L’idéal était celui d’un lieu délivrant une culture désintéressée et un savoir ayant valeur universelle. La réalité est aujourd’hui celle d’un savoir  » utilitaire « , dont on ne retient que l’efficacité pragmatique. S’abolit ainsi la différence entre science et technique, nature et société, être et devoir être. Si l’on veut une vraie réforme de l’Université, on ne fera donc pas l’économie d’une réflexion épistémologique approfondie sur cet écart béant entre l’idéal et la réalité. Tel est le propos de cet ouvrage, où l’auteur analyse le mécanisme de cette confusion du pouvoir et du savoir dans le savoir-faire. Les essais ici réunis visent à susciter une prise de conscience, nécessaire à la reconstruction raisonnée des sciences humaines et sociales comme disciplines de réflexion et de formation. Ce qu’elles étaient à l’origine, lorsqu’elles inscrivaient leur projet de connaissance et de formation dans le cadre des humanités. C’est cet esprit et cette dynamique qui doivent et qui peuvent, démontre l’auteur, être restaurés, tout en les adaptant aux exigences de notre époque. Michel Freitag est le sociologue et le philosophe par excellence de la société postmoderne. On connaît peu de réflexions contemporaines qui atteignent cette cohérence et cette puissance réflexive : on croit parfois lire un habermas dont l’inspiration serait plus hégélienne que kantienne. En dehors d’articles publiés dans la Revue du MAUSS, son oeuvre est pourtant mal connue en France : cette coédition franco-québécoise permet de réparer cet oubli et de présenter au lecteur français, à partir d’une analyse aiguë de la crise de l’Université, les principaux moments d’une théorie systématique de la postmodernité.

En marge de son travail de recherche, Weber s’est engagé dans l’action politique, contribuant notamment à la rédaction de la Constitution de la république de Weimar en 1919. Après sa mort, son épouse, née Marianne Schnitger, également sociologue et connue pour ses positions féministes, a fait publier ses derniers manuscrits. N’ayant été traduite en France qu’à partir de 1959, son œuvre bénéficie aujourd’hui d’une réputation internationale. Max Weber est considéré comme le fondateur de la sociologie compréhensive. L’œuvre de Weber est guidée par une recherche sur la rationalité et plus spécifiquement sur le processus de rationalisation de l’action pratique, considérée comme caractéristique fondamentale de la modernité. Ce qui importe donc, en premier lieu, c’est de reconnaître et d’expliquer dans sa genèse la particularité du rationalisme occidental .

L’apparition du rationalisme économique dépend de la capacité et de la disposition des hommes à adopter des formes déterminées d’une conduite de vie caractérisée par un rationalisme pratique. La réception de l’œuvre de Max Weber n’a été que progressive, particulièrement en France. La philosophie contemporaine, notamment l’École de Francfort, a été marquée par sa caractérisation de la modernité comme rationalisation de la vie. Par les travaux de Catherine Colliot-Thélène, les lectures de Weber ne sont plus perçues comme anti-Marx.

On sait que Weber a en effet lu Marx. Le chapitre 2 de cet ouvrage fait le point sur  Max Weber et le marxisme . Sa sociologie politique, en particulier sa définition de l’État moderne comme groupement politique détenant le monopole de la violence physique légitime, exerce toujours une influence considérable sur la pensée politique moderne. On doit à Max Weber la mise en évidence de la bureaucratie comme forme d’organisation sociale. Karl Emil Maximilian Weber, aîné de huit enfants, naît dans une famille de la bourgeoisie protestante. Un de ses frères cadets, Alfred, deviendra également un éminent sociologue.

Max Weber et ses frères en 1879. En 1883, à 19 ans, Max Weber partit pour Strasbourg afin de faire son service militaire. Il y trouvera une seconde famille. En 1884, il reprend ses études à Berlin, sous la pression de sa famille qui souhaite le séparer des Baumgarten. Il vivra dans la maison familiale les huit années suivantes, à l’exception des périodes d’exercice militaire et d’un bref séjour à l’université de Göttingen en 1886 où il obtient sa licence en droit. Ce dernier fut salué comme une étude empirique de la plus grande importance et conféra à Weber une utile réputation de spécialiste des problèmes agricoles.