Le Suicide collectif des paysans : 1958-1982 PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? La grande famine, le Suicide collectif des paysans : 1958-1982 PDF sévit entre 1958 et 1962 en conséquence de cette politique, a longtemps été cachée, si bien que les spécialistes ont douté de son existence même, dans un contexte de guerre froide où les rumeurs pouvaient avoir été suscitées par le camp adverse.


Durant les années 1950, l’État chinois met en place un programme de redistribution des terres couplé à une industrialisation, avec l’aide technique de l’Union soviétique. Cependant, de l’été 1955 à l’été 1957, se déroule au sein du Parti un débat virulent portant sur la nature du projet socialiste et son rythme. Les Chinois ont jusqu’alors copié le modèle soviétique avec zèle, puisqu’ils ont consacré la plus grande part de l’investissement au développement industriel. Dans les années 1930, les Soviétiques avaient utilisé l’exportation de produits agricoles pour financer l’acquisition des machines et de la technologie nécessaires au développement de l’industrie et pour nourrir les forces de travail urbaines en voie d’expansion. 1958 n’est que la moitié de celle du paysan soviétique de 1928.

Alors que les Soviétiques s’interrogeaient sur la manière de contrôler les surplus agricoles, la Chine était confrontée à la question de les créer. La question se pose de poursuivre ou non une industrialisation planifiée, nécessairement déséquilibrante pour un vieux et vaste pays rural. De ce constat naît chez Mao la conviction qu’il faut adapter ce projet à la situation chinoise. Selon lui, il serait moins coûteux et plus efficace de rechercher dans la stimulation politique de la paysannerie au moins un appoint, peut-être même le substitut à un capital nécessairement rare. Enfin, ce débat est étroitement lié aux mouvements de révoltes qui agitent l’Europe orientale depuis la mort de Joseph Staline en 1953 et à la volonté d’une coexistence pacifique entre l’Est et l’Ouest promue par Nikita Khrouchtchev. Dès 1955, Mao est partisan d’une voie spécifiquement chinoise du socialisme qui s’appuie sur la paysannerie et passe notamment par une collectivisation accélérée. Pour Mao, la collectivisation est nécessaire pour que l’agriculture puisse contribuer efficacement à l’industrialisation du pays.