Le transfert : Etude psychanalytique PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. La cure psychanalytique est le lieu privilégié de l’émergence et de l’analyse du transfert sur l’analyste. Francis Pasche définit ainsi le transfert au sens large :  La reviviscence de désirs, d’affects, de le transfert : Etude psychanalytique PDF éprouvés envers les parents dans la prime enfance, et adressés cette fois à un nouvel objet, et non justifiés par l’être et le comportement de celui-ci. Le transfert est un concept majeur de Sigmund Freud, qu’il a commencé à aborder, au cours de son travail avec Josef Breuer, avec des hystériques et qu’il a développé tout au long de sa pratique, notamment avec l’analyse de Dora, dans ses écrits sur les conseils aux analystes jusqu’à la seconde topique de 1920 et dans ses écrits ultérieurs.


On nous parle d’une pratique particulière à la marine anglaise. Tous les cordages de la marine royale, du plus gros au plus mince, sont tressés de telle sorte qu’un fil rouge va d’un bout à l’autre et qu’on ne peut le détacher sans tout défaire ; ce qui permet de reconnaître, même aux moindres fragments, qu’ils appartiennent à la couronne. Goethe, Les Affinités électives. Une théorie générale du transfert est ici mise en place. Le contre-transfert y figure en contrepoint et le plan de l’ouvrage reflète cette opposition dialectique. Par cette mise en place, le concept de transfert se dégage des  » mécanismes  » ou des  » états  » avec lesquels on s’efforce de le confondre ; introjection, projection, régression ; notions qui, par retour, se trouvent éclairées d’être ainsi distinguées du transfert. Leur origine commune s’y révèle dans le concept de Psychème dont une première théorie est ici esquissée. L’étude historique s’efforce de retrouver le sens freudien original du transfert et ouvre, par le canal de Maine de Biran, Ferenczi, Melanie Klein, le débat sur la réalité du transfert et de la réalité dans le transfert. Plusieurs fragments d’analyses sont ici rapportés, qui éclairent le sens de ce quiproquo dans la dialectique de la cure. Les grands thèmes de la répétition, du langage et de la pensée s’y trouvent confrontés aux catégories classiques du transfert positif, négatif ou latéral – et débouchent sur une distinction nécessaire entre transfert direct et indirect.

Le transfert est, d’abord et avant tout, un phénomène humain qui s’éprouve à des degrés variables dans toutes les relations entre individus. En introduisant cette notion de transfert, les physiologistes E. H Weber envisageait le transfert comme une facilitation d’une activité et Rudolf Kleinpaul comme le passage d’un langage de geste et d’image à un langage de mots. C’est ce paradoxe qui fait la difficulté de l’approche de ce concept.

Il me reste enfin à traiter un sujet auquel incombe, dans la réalisation de cette analyse cathartique, un rôle important et gênant. J’ai déjà fait allusion au rôle considérable que joue la personne du médecin dans la création des motifs servant à surmonter la puissance psychique des résistances. De ce point de vue, c’est à partir de cette définition lacanienne du transfert comme mise en acte de la réalité de l’inconscient que ce concept d’abord découvert comme obstacle devient la cheville ouvrière du processus analytique, garant de son efficacité. Dans son texte  Observations sur l’amour de transfert , écrit en 1915, Freud décrit les mésaventures qui peuvent arriver à un jeune analyste inexpérimenté lorsqu’il se trouve aux prises avec les flambées de l’amour de transfert, amour qui est provoqué par la situation analytique elle-même.

Il indique donc comment s’y prendre avec cet événement inévitable mais pourtant difficile à gérer. Quand cette transcription se fait dans le sens du contenu latent du rêve à son contenu manifeste, le transfert rend compte de la fabrication d’un rêve. Dans l’autre sens, du contenu manifeste à son contenu latent, ce même transfert, toujours pris dans le sens de traduction d’une langue dans une autre, livre le secret de ce qu’est  l’interprétation  du rêve. Ce que Freud appelle  maniement du transfert , c’est donc, pour l’analyste, l’art de manier ces trois sens du mot, ce transfert d’amour pour l’analyste, ce transfert des affects qui provoquent les manifestations des symptômes pour arriver enfin à cette traduction d’une langue dans une autre qui consiste à retrouver la langue du désir inconscient.

En transposant la notion de transfert dans la cure psychanalytique, Freud cherche d’abord dans les Études sur l’hystérie à comprendre ce qui résiste chez les patients dans la cure analytique, c’est-à-dire ce qui empêche le patient d’atteindre le but qu’il s’était fixé en venant consulter. Freud rappelle d’abord que le transfert qu’il décèle dans la cure psychanalytique n’est qu’une exacerbation de phénomènes que l’on rencontre souvent dans la vie courante :  La faculté de concentrer l’énergie libidinale sur des personnes doit être reconnue à tout homme normal. Mais dans le dispositif établi entre le psychanalyste et le patient, cette capacité générale au transfert prend un tour particulier : elle tend à se focaliser sur la personne du psychanalyste. Ceci s’explique notamment par l’attente de guérison qui a motivé la cure. Le patient plaçant ses espoirs dans le psychanalyste se trouve placé comme en position infantile à l’égard de celui-ci. Le transfert n’est pourtant pas une pure répétition de la situation parentale. Au contraire, la demande de cure est, déjà, une prise de conscience explicite ou implicite, que quelque chose se répète dans la vie du sujet.

La demande de cure est donc un premier coup d’arrêt à cette répétition vécue comme subie jusqu’alors. Il en est de même de l’amour de transfert. Ce qui motive le patient c’est « l’amour de la vérité » nous dit Freud. Le transfert n’est qu’un moyen d’y parvenir — et parfois un obstacle. C’est en effet dans le cadre de ce transfert que vont se réveiller chez le névrosé les dimensions non résolues de la situation œdipienne. Mais là encore, il ne saurait s’agir d’une pure répétition car c’est au psychanalyste qu’a affaire le patient. Le transfert est fondamentalement en lien avec un autre connaissant.

Sachant que l’analyste est un  sujet supposé savoir , pour Lacan le transfert n’est autre que de  l’amour qui s’adresse à du savoir . En effet, le sujet agit dans l’analyse pour ne pas avoir à dire, et plus le sujet résiste, et plus la répétition s’oblige à lui. Article détaillé : théorie de la séduction généralisée. Jean Laplanche reprend la première théorie de la séduction abandonnée par Freud en 1897. Ce processus se rejoue dans la relation analyste-patient. Le concept de la chimère des inconscients est avancé par Michel de M’Uzan pour décrire une modalité particulière du contre-transfert où le psychanalyste est aux prises avec un type de pensée qu’il a appelée  pensée paradoxale , soit une pensée se présentant comme venant de l’entre-deux du transfert plus que de la psyché même de l’analyste. Pendant longtemps les psychanalystes ont pensé que le transfert était uniquement une affaire de névrose, la névrose de transfert telle que décrite par S.

Les auteurs les plus cités sont Harold Searles, Salomon Resnik, Frieda Fromm-Reichmann, etc. Carl Gustav Jung a reconnu en partie l’importance capitale du transfert mais, pour la discipline qu’il a lui-même créé, la psychologie analytique. Pour Jung, le transfert n’est pas un phénomène pathologique qu’il s’agirait de réduire par l’analyse, mais d’un phénomène naturel dans la relation entre deux êtres humains, phénomène qui résulte du déploiement des dynamiques archétypiques entre deux personnes. Ensuite Jung ne considère pas que le transfert puisse être simplement appréhendé comme étant un mouvement à sens unique, de l’analysant vers l’analyste, mais bien plutôt comme un mouvement à double sens, qui implique tout autant la personnalité de l’analyste que celle de son patient. Ainsi la distinction freudienne entre transfert et contre-transfert n’a pas, dans la pensée jungienne, la même place que dans la pensée freudienne. Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, P.

Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, coll. Horacio Etchegoyen » : Fondements de la technique psychanalytique, Préface de Daniel Widlöcher et Jacques-Alain Miller, Ed. L’Interprétation des rêves, chapitre VI,  le travail du rêve  p. La formation d’une analyste , in C. Résumé in : Ricardo Horacio Etchegoyen, Fondements de la technique psychanalytique, Paris, Hermann, 2005, 812 p. Le baquet — Transcendance du transfert, Paris, PUF, 1987, p. Dictionnaire international de la psychanalyse 2.

Geneviève Haag,  Identification adhésive, identité adhésive, adhésivité , Vocabulaire de psychanalyse groupale et familiale, t. François Martin-Vallas  The transferential chimera: a clinical approach  J Anal Psychol. Proposition épistémologique, neuroscientifique et clinico-théorique du transfert psychanalytique comme système complexe. Enrique Pichon Rivière: Quelques observations sur le transfert chez des patients psychotiques, in Revue française de psychanalyse, T XVI, no 1-2, janvier-juin 1952, rééd. Enrique Pichon-Rivière : une figure marquante de la psychanalyse argentine, Paris Budapest Kinshasa, L’Harmattan, coll. Psychanalyse et civilisations, Trouvailles et retrouvailles , 2006, 113 p.

L’Amour de transfert, et autres essais sur le transfert et le contre-transfert, Paris, Payot, coll. La Technique analytique, Observation sur l’amour de transfert, PUF. Sándor Ferenczi : Transfert et introjection, 1909, in Psychanalyse I, Payot, 1968. Les Fondements de la psychanalyse, séminaire inédit, séance du 15 avril 1964.