Les filles du 5-10-15 cents PDF

Paris, BnF, département des estampes, entre 1798 et 1817. Les noyades à Nantes sont un épisode de les filles du 5-10-15 cents PDF Terreur qui a eu lieu entre novembre 1793 et février 1794 à Nantes.


Nantes était assiégée par tous les fléaux qu’une guerre civile entraîne. Les menaces épidémiques et les difficultés alimentaires ne sont pas niables. Nourrir plus de dix mille prisonniers représente une charge presque insupportable pour Nantes. Jean-Baptiste Carrier voulait ravitailler d’abord l’armée et ensuite pourvoir la ville. Le 4 décembre 1793 au soir, Jean-Baptiste Carrier, les membres principaux du Comité révolutionnaire de Nantes, François Louis Phelippes-Tronjolly et ses collègues, Julien Minée pour le département, Renard pour la municipalité, des représentants de Vincent-la-montagne, se réunissent.

Pour cela, Carrier imagine un procédé radical. Il indiquera dans son plaidoyer que les malades laissés par les Vendéens à Château-Gontier en octobre 1793 avaient déjà été noyés dans la Mayenne. Les prêtres réfractaires figurent parmi les premiers prisonniers détenus à Nantes. Ceux pris dans le département sont enfermés d’abord au couvent Saint-Clément, puis aux Carmélites. Le 5 juillet, ils sont envoyés à Chantenay sur un ponton, La Thérèse, où les conditions de détention sont terribles à cause de la chaleur. En effet, ils se sont approchés et m’ont demandé la liberté de passer avec un gabareau, qu’ils me dirent être chargé de 90 brigands, que j’ai su depuis être 90 prêtres.

Environ 90 prêtres périssent victimes de la première noyade. On compte cependant trois survivants qui sont recueillis par des matelots de L’Imposant qui leur donnent de l’eau-de-vie pour les réchauffer. 90 de ceux que nous désignons sous le nom de réfractaires, étaient renfermés dans un bateau sur la Loire. La seconde noyade de prêtres est encore le fait de Guillaume Lamberty. Plusieurs hommes de la compagnie Marat conduits par Foucauld détroussent méthodiquement les 58 prêtres arrivés d’Angers. Les prêtres sont transférés sur une gabare spécialement aménagée et emmenés loin du port, à l’entrée de l’estuaire où il est procédé à leur submersion.

Cette fois il n’y a aucun survivant. Les noyades de Nantes en 1793, peinture de Joseph Aubert, 1882. La troisième noyade, dite du Bouffay, est la noyade la plus connue, grâce à l’abondance des témoignages la concernant à cause de la participation du comité révolutionnaire de Nantes. Le 14 décembre 1793, à huit heures du soir, un agent entre à la prison du Bouffay avec deux paquets de cordes et un ordre signé du comité de rassembler les 155 détenus. La liste de ces 155 détenus avait été rédigée dans la nuit du 4 décembre lors d’une réunion des corps administratifs. Pendant l’appel, un factionnaire placé près de la fenêtre de la chambre que j’habitais s’approcha de moi, et lui ayant demandé où l’on voulait mener une partie des prisonniers, il répondit qu’on allait les mettre dans des maisons d’émigrés pour purifier l’air de la prison. Menés par Jean-Jacques Goullin et Michel Moreau-Grandmaison, les  Marat  gagnent la prison du Bouffay.