Qohélet philosophe PDF

Bible hébraïque, qohélet philosophe PDF partie des Ketouvim, présent dans tous les canons. La fin du livre lui attribue également la rédaction de Proverbes.


Le livre de Qohélet est l’un des plus mystérieux de l’Ancien Testament. Aucun consensus ne circule au sein des chercheurs quant au statut et à la visée d’un écrit que certains trouvent profondément pessimiste et teinté d’athéisme. Pour le théologien Marc Faessler, la portée de ce grand texte est tout autre. Il s’agit d’un écrit philosophique du IIIe siècle avant Jésus-Christ, au carrefour du judaïsme, de l’hellénisme et de courants de pensée venus d’Asie, dans lequel apparaissent en contraste les thèmes de l’éphémère et de la joie. L’auteur nous invite à soupeser ses découvertes en suivant son interprétation mot à mot de l’entier du texte dont on trouve en fin de volume une traduction nouvelle appuyée sur ses hypothèses. « Vanité des vanités, tout est vanité », la célèbre formule inaugurant l’écrit trouve par exemple une nouvelle dynamique avec Marc Faessler qui propose de lire plutôt, à partir de l’hébreu : « Buée de buées, tout n’est qu’évanescente buée ! »

Juifs furent influencés par les divers systèmes philosophiques grecs comme l’épicurisme et le stoïcisme. Il proclame avec fatalisme la  futilité  et l’inanité de toute action humaine, sage comme fou connaissant le lot commun de la mort. Le terme hébraïque קהלת est construit sur la racine קהל, signifiant  foule  et, comme verbe,  rassembler . Selon le contexte, il s’agit soit de foules pour les instruire dans la sagesse, soit d’aphorismes dans le même but. L’intitulé français du livre, Ecclésiaste, vient de la traduction de la Septante de Qohelet par Εκκλησιαστής.

Ce mot tire ses origines du grec Εκκλησία — à la base, un  rassemblement  sans connotation religieuse, bien que plus tard utilisé pour cet usage en priorité, d’où le rendu par  église  dans le Nouveau Testament. Le livre s’ouvre sur un constat d’impuissance et de pessimisme : tout est vain, c’est-à-dire futile et insignifiant. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil . La sagesse équivaut au chagrin, le savoir à la douleur. Le sage et l’insensé connaissent le même sort dans la mort et l’oubli.

Dans les deux premiers chapitres, l’auteur se décrit lui-même comme le fils de David et roi d’Israël à Jérusalem, un sage au sein d’une cour de gens brillants. Ces indices pourraient désigner le roi Salomon, puisque ses successeurs à Jérusalem ne régnèrent plus que sur Juda. Cette opinion a été abandonnée par beaucoup de critiques modernes, qui pensent actuellement que Qoheleth est le fruit d’une tradition pseudo-épigraphique, voulant se présenter comme propos d’un sage connu et respecté. Le point de vue est que l’Ecclésiaste fut écrit aux alentours de 250 av.

La dernière date de rédaction retenue est suggérée par le fait que Ben Sirakh le cite ou le paraphrase, de façon répétée, plutôt comme écrit canonique que contemporain. L’œuvre étant placée dans le Ketouvim, elle doit posséder un caractère poétique. Sans pour autant impliquer qu’il y aurait deux auteurs, cela encourage le lecteur à situer dans la durée la trame du récit et à y voir la poursuite de la Sagesse depuis le temps de Salomon. L’hébreu de l’Ecclésiaste n’était pas commun à l’époque du règne de Salomon, et contient de nombreux emprunts à des langues étrangères, notamment araméens et persans. L’influence de ces deux langages est caractéristique de l’hébreu tardif, et se serait produit lors du brassage des cultures produit par la captivité de Babylone. Sheffield: Sheffield Academic Press, 2001, p. A Note on Dating of Ecclesiastes ».