Quand les banlieues brûlent… : Retour sur les émeutes de novembre 2005 PDF

Voiture en flammes à Strasbourg, en 2005. En 1979, la première émeute urbaine française considérée comme telle a lieu à la Grappinière, près de Lyon. La première couverte par des médias d’envergure nationale se déroule en 1990, toujours en banlieue lyonnaise, et marque le début des émeutes dans le reste de la France, et en particulier en Île-de-France. Ces violences urbaines ont donné lieu à des réactions politiques et sociales : politique de la ville, opérations de rénovation urbaine, création des zones urbaines quand les banlieues brûlent… : Retour sur les émeutes de novembre 2005 PDF, entre autres.


En novembre 2005, une émeute d’une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine de la France a été gérée politiquement de façon désastreuse : le  » retour au calme  » est aussi un retour à toutes les difficultés de la vie ordinaire pour les habitants des quartiers populaires. C’est pourquoi des sociologues de terrain ont voulu analyser ces événements et ce qu’ils révèlent de l’état de la société française. Le livre montre notamment le rôle joué par Nicolas Sarkozy, pompier pyromane, dans le développement de l’émeute. Il révèle aussi que la première personnalité politique à demander la mise en place de l’état d’urgence fut… Marine Le Pen. Contre les idées reçues, et notamment celle que ces émeutes furent le fait de jeunes instrumentalisés par des  » caïds « , des  » barbus  » ou des rappeurs, les auteurs montrent enfin que nombre d’habitants des quartiers ont témoigné d’une forme de solidarité avec les jeunes émeutiers. Au-delà de l’événement, le livre soulève un certain nombre de questions essentielles : pourquoi l’école n’est-elle plus perçue par une partie de la population comme un lieu de promotion sociale, mais d’échecs et d’humiliations ? Quelle est la situation sociale et économique réelle des habitants des quartiers, en particulier les jeunes ? Pourquoi la façon dont la police remplit ses missions dans les quartiers  » sensibles  » est devenue un problème plus qu’une solution ?

Le septième palier des violences urbaines est caractérisé par l’émeute urbaine rapide, spectaculaire et violente mais sans lendemain, avec saccage d’un quartier sans organisation préalable. Phot de deux grands immeubles, sur fond de ciel bleu. Durant l’été 1983, de nombreux contrôles policiers sont conduits aux Minguettes. Le 6 octobre 1990, un jeune habitant de Vaulx-en-Velin paralysé des deux jambes, Thomas Claudio, meurt percuté en moto par une voiture de police banalisée. Deux bandes rivales, l’une de Chanteloup-les-Vignes, l’autre d’Achères, s’affrontent à coups de barres de fer et de battes de base-ball.

Un groupe de trente se bat, blessant trois personnes et brisant de nombreuses vitrines et des pare-brises de voitures. Un voisin affirme avoir tiré quelques coups de feu en l’air pour les éloigner. Sartrouville, trois vigiles attaquent quelques jeunes qui sont sortis du magasin Euromarché sans y faire d’achats. Une cinquantaine de CRS vient en renfort vers une heure du matin. Le 27 décembre 1993, Mourad Tchier est tué d’une balle dans le dos par un brigadier-chef du commissariat de Vénissieux après avoir tenté de s’échapper à pied d’une voiture volée, après une course-poursuite.