Quand les grands jouaient à la guerre PDF

Carte du Honduras où ont lieu la plupart des combats. Expulsion massive de fermiers et travailleurs salvadoriens quand les grands jouaient à la guerre PDF Honduras.


Altercations au cours d’un match de football entre les deux sélections nationales. Dans les deux pays, la répartition des terres est très inégale. Il existait donc au Salvador de nombreux paysans sans terre qui migraient en fonction des saisons. Cette inégalité dans la répartition des terres posait aussi des problèmes de choix économiques. Alors qu’une partie de la population avait des difficultés pour se nourrir, l’agriculture était tournée vers l’exportation ce qui favorisait les plus riches. L’inégalité économique était accompagnée d’une mainmise du pouvoir politique par une oligarchie. Bien que l’idée des  quatorze familles  dirigeant le Salvador soit exagérée, la concussion entre élites économiques et politiques est claire pour l’ensemble des auteurs, surtout en l’absence d’une classe moyenne suffisamment forte pour faire contrepoids.

Le manque de terres et l’inégalité dans leur répartition poussaient les Salvadoriens à l’exode. Cette émigration était encouragée par les grands propriétaires salvadoriens qui y voyaient un moyen d’éviter une réforme agraire, dont ils ne voulaient à aucun prix. Elle était aussi facilitée par la faiblesse de la surveillance à la frontière. Si la pression n’était pas aussi forte au Honduras, la situation commençait à devenir inquiétante. La croissance démographique était là aussi rapide, à laquelle s’ajoutaitait un solde migratoire positif.

Des occupations illégales survenaient au sud du pays, parfois réalisées par des Salvadoriens. Il faut souligner le rôle important joué par l’United Fruit Company, qui possédait une très grande influence. Les propriétaires terriens s’en prenaient violemment aux paysans salvadoriens, tant verbalement que physiquement. Les expulser permettrait là aussi d’économiser une réforme agraire. Ainsi la réforme agraire réalisée au Honduras en 1968 ne se fit pas contre les grands propriétaires terriens, mais contre les immigrés salvadoriens. La FENAGH exerça également une pression importante contre l’INA, institut chargé de répartir les terres distribuées par les lois agraires. En plus du problème des émigrés et son utilisation par les propriétaires terriens honduriens, d’autres facteurs ont généré des tensions entre les deux pays.

Il y a ainsi eu une manipulation de la réalité par les élites politiques, économiques, médiatiques et militaires que ce soit dans les questions de commerce international ou de traitement des réfugiés. Si en 1962 c’est le Honduras qui avait un solde positif, dès 1965 les choses s’étaient inversées. Cette importance croissante du rôle des Salvadoriens dans l’économie hondurienne, que ce soit sur le marché des biens comme sur le marché de l’emploi, a été surexploitée par la presse et le gouvernement honduriens. L’image exagérée d’une cinquième colonne a été utilisée à leur encontre. Dès 1959, le gouvernement utilisa le thème des Salvadoriens envahisseurs pour se rendre populaire en leur interdisant l’achat des terres à quarante kilomètres des côtes et des frontières.

La même année, trois cents familles salvadoriennes fuyaient le Honduras. Les Salvadoriens furent aussi exclus de la loi agraire de 1961. De plus, des actes politiques viennent attiser ces tensions. Le gouvernement hondurien jouait du ressentiment salvadorien pour pallier son impopularité.

Oswaldo López Arellano était arrivé au pouvoir en 1963 par un coup d’État, dix jours avant les élections, en accusant son prédécesseur Ramón Villeda Morales de communisme. Le Honduras a utilisé le nationalisme à des fins internes. Il est peu probable que ce gouvernement souhaitait la guerre. López Arellano porte une responsabilité majeure dans la hausse de la tension qui a conduit à la guerre. Enfin, les médias des deux pays ont joué un rôle important dans la hausse de tension.