Revue de Viticulture, Volume 10… PDF

La viticulture au Maroc et la plantation des premiers vignobles remontent aux Phéniciens et à la colonisation romaine. Sous revue de Viticulture, Volume 10… PDF’Antiquité, le grand centre de production viti-vinicole était concentré autour de Volubilis, dans la région de l’actuelle ville de Meknès. Le Maroc reste un des berceaux des dernières vignes sauvages.


L’ampélographe a pu repérer, dans la vallée de l’oued Titria, ces lambrusques connues sous le nom d’Aneb djalia. Maurétanie Tingitane d’être présentés sur les tables patriciennes. Scène de musique dans un jardin. La conquête musulmane ne fit pas disparaître la viticulture nord-africaine. Elle privilégia le raisin de table. Les berbères marocains islamisés, lors de leur arrivée dans la péninsule ibérique, apportèrent leurs cépages.

En al-Andalous, de nombreux agronomes musulmans décrivirent la viticulture, les différents cépages andalous et leur mode de culture. Au Maroc, les différents souverains musulmans allaient tolérer les communautés juives qui résidaient leurs quartiers, les mellah. C’est là que les juifs pouvaient boire du vin mais il leur était interdit d’en vendre. Les mêmes licences étaient accordées aux chrétiens résidents. Consulat de Gênes avaient des fondouk à Ceuta, Arzila, Larache, Salé et Anfa.

Il a cependant été signalé qu’à la fin du protectorat la qualité de ce vin casher laissait beaucoup à désirer :  Le vin rouge cacher est abominable, en particulier le vin Dahlia fabriqué par le cousin Salomon Amar. Français développèrent la viticulture au Maroc comme en Algérie et en Tunisie. Au Maroc, le choix des terres fut prépondérant et les vignes plantées dans les terres sableuses des régions de la Chaouïa, des Trifas, des Sahels. Quatre cépages avaient été sélectionnés comme étant les plus adaptés aux terroirs pour produire les vins désirés. Il s’agissait du Grenache, du Carignan, du Cinsault et de l’Alicante Bouschet. La production était alors axée sur le volume bien plus que sur la qualité, beaucoup de vins du Maroc étant envoyés vers le Languedoc afin d’enrichir en alcool la production de masse des vins de table de cette région vinicole. En 1923, une société belge s’installa près de Ben Slimane, dans la région de Casablanca, pour créer un domaine viticole.

La première vendange eut lieu en 1927. Des domaines d’un seul tenant et de plusieurs centaines d’hectares furent créés autour de Meknès, Rabat, Tiflet et Khemisset. De plus, en 1967, le Traité de Rome ayant interdit le coupage des vins de la communauté européenne avec ceux de l’étranger, le Maroc perdit ce marché et se trouva confronté à une crise de surproduction. Le laboratoire officiel d’analyses et de recherches chimiques pour le vin est localisé à Casablanca. Depuis, le Maroc fait partie des États membres de l’Organisation internationale de la vigne et du vin. Depuis 2011, le nouveau gouvernement d’Abdel-Ilah Benkiran, leader du parti islamiste  Justice et développement , a créé un autre climat politique beaucoup moins favorable à la consommation du vin par les Marocains eux-mêmes.

En dépit de cette politique restrictive, le vin reste un secteur économique en plein essor, avec une production de plus de 40 millions de bouteilles par an. Ce qui fait du Maroc le deuxième grand producteur vinicole dans le monde arabe. Sa mission est de gérer le patrimoine vitivinicole, une vingtaine de caves, et de développer la viticulture. Ces objectifs sont mis à mal en 1979 par le gouvernement lui-même. Celui-ci décide une forte augmentation de la taxe de consommation intérieure.

Cette situation va perdurer jusqu’en 1999. Plus aucun investissement n’est fait dans le vignoble subsistant dont les cépages ne sont plus adaptés au marché et les vignes trop vieilles voient baisser leurs rendements. La gestion de la SODEA en subit le contre-coup. Ses investissements dans les groupes froids nécessaires aux vinifications et les installations de systèmes d’irrigation indispensables aux vignes sont minimes. Au début des années 1990, le roi Hassan II décide de relancer la viticulture marocaine.