Une langue à venir : Derrida, l’écriture hyperbolique PDF

Sauter à la navigation Sauter à la recherche Le doute cartésien est une composante de la philosophie de René Descartes qui se décline en plusieurs modalités au long de son œuvre. Descartes s’est montré particulièrement critique vis-à-vis de la philosophie scolastique, qui était à la base de l’enseignement dans les collèges de l’époque, et notamment au prestigieux collège de La Flèche dont il avait été l’élève. Au lieu de cette philosophie spéculative qu’on une langue à venir : Derrida, l’écriture hyperbolique PDF dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous pourrions les employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.


La pensée de l’écriture s’est aujourd’hui retirée; elle a pourtant constitué la plus grande subversion de pensée et de langue à l’âge de Heidegger et de Wittgenstein : un glissement de tout le langage en lui-même hors de lui-même. Cette pensée a produit, sous le nom de Derrida, le travail textuel le plus discret et le plus difficile, et elle contient la promesse d’une langue à venir dans laquelle toutes les alternatives métaphysiques, politiques et éthiques sont désamorcées. Une telle détotalisation et une telle libération du langage n’arrivent qu’à l’écriture et par elle, pour autant que la possibilité de celle-ci est inséparable du surgissement du langage. Une double injonction commande la  » responsabilité littéraire  » de l’écriture : une exigence de justice inconditionnelle et révolutionnaire, ainsi qu’une exigence hyperbolique de démocratie. Le démocratique de la démocratie porte celle-ci au-delà d’elle-même dans un mouvement de transformation historique, juridique, institutionnel, qui fait signe vers un au-delà de l’Etat-nation, de la souveraineté, de la citoyenneté et de la société. La liberté de cet autre langage -une langue d’écriture- reste encore méconnue et clandestine, mais aussi bien en réserve d’avenir.

Pour s’assurer de la solidité de nos connaissances, il nous faut trouver une bonne fois pour tout un fondement inébranlable à partir duquel nous pourrions déduire tout le reste. Ainsi peut-on dire que la méthode cartésienne commence en réalité par la mise en doute de toutes les connaissances qui nous semblent assurées. Descartes ne peut être certain pour son lecteur. Le doute et la méthode ont donc des aspects subjectifs très marqués, alors même que Descartes espère fonder les sciences. Je pense qu’il est très dangereux de s’avancer trop loin dans cette manière de raisonner : les doutes universels de ce genre nous conduisent droit à l’ignorance de Socrate, ou à l’incertitude des pyrrhoniens, qui est comme une eau profonde où l’on ne peut trouver pied. Il faut douter non seulement de nos préjugés acquis par l’éducation, mais aussi de ce que nous apprennent les sens, car ceux-là peuvent être quelquefois trompeurs, comme le montre l’exemple des illusions d’optique. Ce doute l’amène à mettre en cause l’existence de l’ensemble des choses matérielles, de son corps et par conséquent de l’existence même du monde qui l’entoure.