Vauban : De la gloire du roi au service de l’état PDF

Divers dénombrements de population ont été réalisés en France avant le  recensement des paroisses et feux des Bailliages et Sénéchaussées de Vauban : De la gloire du roi au service de l’état PDF  de 1328. Mais ce dernier n’était pas un véritable recensement de la population mais de  feux fiscaux .


 » Le plus savant homme dans l’art des sièges et des fortifications, et le plus habile ménager de la vie des hommes « . Saint-Simon dresse ainsi le portrait de Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1701). Il le présente non seulement comme le maître inégalé de l
guerre de siège, mais encore, loin des fastes de Versailles, comme l’un des grands témoins du siècle de Louis XIV. Homme de plein vent, à pied, à cheval, en chaise à porteur, ou dans sa fameuse  » basterne  » transformée en cabinet de travail, Vauban ne cessa de parcourir la France en tous sens pendant plus de quarante années
L’ingénieur perfectionne et innove dans les domaines militaires et techniques mais aussi administratifs et économiques. À partir des années 1680, le soldat longtemps fidèle à son roi se transforme en conseille
lucide : confronté au royaume  » réel « , il brosse un tableau de plus en plus critique de la monarchie ; il analyse et conteste les décisions royales sur la question huguenote (révocation de l’édit de Nantes) et la politiqu
étrangère (des guerres ruineuses pour le royaume) ; l’homme du pré-carré pense le pays comme un territoire dont chaque élément  » aménagé  » doit améliorer le sort des plus démunis et il voit dans la réforme de la fiscalité le principal remède pour faire face aux  » années de misère  » qui stigmatisent nombre de provinces à la fin du règne de Louis XIV. Entre l’âge classique et celui des grands philosophes des Lumières, la plume prolifique de Vauban initie une science nouvelle, appelée à un grand avenir : l’économie politique. Conçu comme une biographie intellectuelle, ce livre, écrit au plus près des archives inédites laissées par le maréchal-ingénieur, dévoile les aspects intimes d’un Vauban attachant et méconnu ; il replace l’œuvre écrite de l’auteur de la Dîme royale (1707) dans les courants de pensée qui annoncent les bouleversements à venir, au carrefour des sciences, du religieux, de la pensée administrative et d’une nouvelle conception de l’État, plus utilitaire, plus humaine aussi. Vauban qui dit  » aimer sa Patrie à la folie étant persuadé que tout bon citoyen doit l’aimer et faire tout pour elle  » fut l’un des premiers à vouloir faire passer les aspirations et les besoins de  » vingt millions de français  » avant l’intérêt du roi

Il sera suivi de plusieurs autres, le plus souvent limités à une portion du territoire. Le premier recensement  moderne  au niveau national aurait ainsi été celui ordonné en 1694 par Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain. Celui-ci sera suivi par divers recensements, dénombrements et enquêtes nationales conduits à intervalles irréguliers. Dès l’époque gauloise, divers dénombrements de population, souvent limités aux adultes, ont été réalisés. Progressivement, la pratique du dénombrement des  feux  se développera alors que les registres paroissiaux offraient une alternative pour réaliser des statistiques sur la population. Dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, Jules César indique que des tablettes en caractères grecs contenant les résultats d’un recensement de 368 000 personnes ont été découvertes dans un camp helvète.

En 786, Charlemagne fit dénombrer  tous ses sujets de plus de 12 ans astreints à prêter serment . Un recensement aussi célèbre que controversé sera celui des paroisses et feux des Bailliages et Sénéchaussées de France, dressé en 1328 par les officiers de finance du Roi Philippe VI de Valois. Il était destiné à lever les subsides pour l’expédition de Flandres. Le document  Les Parroisses et les feuz des baillies et senechaussées de France  fournit un résumé des résultats. Ces recensements ayant été effectués pour servir de base à la levée des subsides, il est probable qu’ils ne couvraient ni les nobles, les prêtres, les moines et les clercs, qui en étaient exempts, ni les familles les plus pauvres. On comprend ainsi que les estimations de population puissent varier très largement d’un auteur à l’autre. Par exemple, le recensement de 1328 donnait le nombre de feux pour 24.

150 paroisses, les données pour environ 7. France qui ont pu être proposées. Certains pouillés incluaient le nombre des redevables d’une paroisse, d’une abbaye, d’un doyenné, d’un diocèse, etc. En France, les registres paroissiaux ont existé depuis la fin du Moyen Âge.

C’est à la suite de l’ordonnance de Villers-Cotterêts de François Ier en 1539 que leur usage deviendra répandu. Jusque-là, un seul registre servait parfois à enregistrer aussi bien les baptêmes, les mariages, que les sépultures, au fur et à mesure. L’obligation du double exemplaire obligea les curés à dissocier les trois séries de registres paroissiaux. Mais l’existence d’un registre paroissial sur une longue période, aussi complet soit-il, ne donne en général pas de chiffre précis de population.