Vie de Mlle de Melun (1618-1679) PDF

Port-Royal des Champs, tableau peint d’après les gravures de Louise-Magdeleine Horthemels. Le site de Port-Royal des Champs vie de Mlle de Melun (1618-1679) PDF un ensemble constitué des ruines de l’abbaye de Port-Royal, du musée national de Port-Royal des Champs anciennement musée des Granges, et d’un domaine forestier et paysager. Il ne reste aujourd’hui presque rien de ce monastère fondé en 1204, témoin de l’histoire de l’abbaye de Port-Royal et du jansénisme. Le site de Port-Royal des Champs est aujourd’hui classé parmi les monuments historiques.


Vie de Mlle de Melun (1618-1679) , par M. le Vte de Melun
Date de l’édition originale : 1864
Sujet de l’ouvrage : Melun, de

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Le site de Port-Royal sur les cartes de Cassini. L’abbaye de Port-Royal est fondée en 1204 par Mathilde de Garlande. Son choix se porte sur un lieu peu éloigné de l’abbaye des Vaux-de-Cernay, abbaye masculine. Elle souhaite, pour sa part, fonder un monastère féminin cistercien. Le site de Porrois est marécageux et boisé.

Le site de Port-Royal, au fond d’un vallon, est dans la tradition cistercienne. L’abbaye est au départ considérée comme une simple extension féminine des Vaux de Cernay, comme un prieuré dépendant de ce monastère, c’est-à-dire dépourvue d’autonomie hiérarchique, financière et d’autorité. Les premiers directeurs spirituels viennent également de l’abbaye voisine. Mais en 1214, à la suite de trois prieures, une première abbesse est élue.

Port-Royal gagne ainsi son autonomie et un véritable statut d’abbaye. Cependant son importance est numériquement faible : autour d’Éremberge, la communauté ne compte qu’une douzaine de membres. En 1625, une  annexe , Port-Royal de Paris, fut créée temporairement pour sauver les religieuses de Port-Royal des Champs décimées à la suite d’une sévère épidémie de paludisme liée au caractère marécageux du site. Même si les premières religieuses viennent de monastères bénédictins, Port-Royal prend très vite une orientation cistercienne. Le site est typiquement cistercien : Port-Royal se trouve au fond d’un vallon fermé, parcouru par une rivière, le Rhodon. L’architecture de l’abbaye est caractéristique de l’ordre cistercien.

La seule élévation est celle du clocher de l’église, qui est terminée en 1229. Le cloître est adossé au côté sud de l’église, comme dans la plupart des abbayes cisterciennes. Son plan suit également la tradition architecturale cistercienne : l’église a une forme de croix latine à base carrée, dont le tracé ne comporte que des lignes droites se coupant en angle droit. Les gravures montrent que l’église est élevée à trois niveaux dans un style gothique archaïque, avec de grandes arcades en arc brisé. Le chapitre est alors déplacé dans le bras droit du transept dont la grande arcade est murée. Malgré les travaux de drainage des Solitaires, l’église est régulièrement inondée par les eaux qui dévalent du plateau des Granges. Dans ses lettres, elle fustige d’ailleurs les carmélites qui embellissent leurs couvents.

Port-Royal devient l’une des plus puissantes abbayes du Bassin parisien. Elle tire ses ressources de la possession de terres agricoles et forestières aux alentours et sur des terroirs plus éloignés. La singularité de Port-Royal vient du fait que les religieuses ont converti en rentes une grande partie de leurs biens. Magny, Champgarnier, Germainville, Launay et Vaumurier, situées sur la paroisse de Saint-Lambert des Bois, donc juste autour de l’abbaye. En 1230, les religieuses reçoivent des terres à Villiers-le-Bâcle, puis en 1479 à Buc et Châteaufort, et enfin à Buloyer en 1504, ce qui permet d’augmenter les revenus fonciers. Mondeville, à 35 kilomètres de distance, entre Melun et La Ferté-Alais. Port-Royal contrôle les terres et des forêts dans un rayon de huit kilomètres.

Les deux fermes qui constituent sa principale source de richesse sont celles des Granges et de Champgarnier. Nanterre de vastes propriétés qui lui fournissent des rentes considérables. En 1659, l’abbaye achète la terre et la seigneurie de Montigny, puis d’autres domaines à Voisins-le-Bretonneux et Trappes. Lors de la séparation des deux monastères en 1669, environ un tiers des terres est dévolu au couvent parisien, le reste demeurant en possession de celui des Champs. La richesse matérielle de l’abbaye, fondée sur le foncier, est extrêmement dépendante des aléas politiques. Malgré un patrimoine important dès ses débuts, les périodes de troubles causent des pertes de richesse importantes qui entraînent un déclin du monastère à la fin du Moyen Âge.